716 Exclusive Playlist – Le Comte Playlist


05.10.16 - Guillaume

Je n’étais pas au festival Visions cet été à Plougonvelin, du côté de Brest, mais j’ai rencontré Eva Peel qui en revenait et qui m’a dit avoir scotché totalement le dimanche, en mode after, sur le set de Le Comte. Toujours avide de découvertes, je suis allé jeter une oreille et j’ai accroché de suite. Lui proposer une playlist est apparu comme une évidence tant j’avais envie d’en savoir plus sur l’univers musical qui l’a influencé.

Retrouvez son EP Chaleur et Mouvement sur bandcamp.

Le 1er morceau « Eva » a été clippé.

Voici la 716 Playlist de Le Comte à écouter en mode continu.

Et la voici, morceau par morceau avec les commentaires de l’artiste.

Andy Shauf – Quite Like You

LE morceau que j’écoute le plus en ce moment.
Une fille que j’aime beaucoup me l’a envoyé, et depuis je n’arrive plus à m’en détacher. Le texte est incroyable, parle de regrets, de tendresse et de malaise, d’une relation qui ne sera jamais bien qu’elle semble évidente. On touche du doigt toutes ces relations qui n’ont jamais été, et qui nous laisseront toujours un goût amer au fond de la gorge.
Et cet accord de piano qui vient conclure, ou presque interrompre, la narration à la fin du titre est juste parfait.

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Alessandro Cortini – Scappa

On ne va pas s’en cacher, c’est sûrement l’influence LA plus importante de mon projet.
Il pousse les mélodies jusque dans leurs retranchements, jouant les trois même notes en boucle pendant de longues minutes, enregistrant tout en direct, gardant ses erreurs, la saturation, le souffle, etc. C’est simple (comme presque tout ce que j’écoute vous aurez remarqué), franc et sensible.
Ce morceau me fascine tout particulièrement par le son, comme si les bandes avaient été retrouvées dans les cendres d’un vieux barbecue, ou dans une boite enterrée il y a des années par un inconnu.

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Florist – Vacation

Un des titres que j’écoute le plus en ce moment avec Andy Shauf.
J’ai découvert le travail d’Emily Sprague par hasard, en cherchant des tests d’effets sur Youtube. Elles sortait déjà des choses tellement belles d’un simple test de sampler que j’ai immédiatement eu le réflexe d’aller écouter ce qu’elle pouvait composer.
Depuis je suis tombé amoureux de son groupe, et un peu d’elle. C’est triste et réconfortant à la fois.

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Flavien Berger – Gilded Glaze

Sans prétendre une seule seconde avoir le talent de Flavien Berger, j’ai parfois l’impression qu’on s’inscrit dans un même mouvement d’ensemble, dans une sorte de retour à la sensibilité dans les musiques électroniques, d’une forme d’artisanat dont la matière première serait constituée de circuits imprimés et de séquenceurs.
Et puis il n’en a rien à foutre de plein de choses, ça s’entend et c’est jouissif.

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Grandaddy – He’s simple, he’s dumb, he’s the pilot

Ce morceau c’est une grande épopée. Un groupe qui, dès l’ouverture de son second album, nous montre qu’on va partir faire une grande balade avec eux, dans un imaginaire où les sons de synthés cheaps et les voix chancelantes écrivent la mythologie de demain. Cet album reste pour moi une référence absolue, une approche poétique, réfléchie et décomplexée de la musique, vue comme un moyen de nous prendre par la main pour nous emmener loin, très très loin.

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Suzanne Ciani – The Third Wave – Love in the waves

Une des grandes figures de la musique électronique, que j’écoute pourtant depuis peu de temps. Elle a une écriture très classique, presque trop par moment, mais a un doigté et une délicatesse dans la gestion de ses sons que j’aimerais un jour atteindre.
J’espère juste ne pas ensuite tomber dans la seconde partie de sa carrière, constituée de composition insipides au piano.

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Elliott Smith – Say Yes

J’ai commencé à écouter de la musique par le biais de ma mère, grande fan de Dylan et de Joan Baez. Du coup j’ai toujours gardé cet amour pour la simplicité de la Folk, de ces morceaux dont l’écriture est tellement belle et évidente qu’ils n’ont besoin d’aucun arrangement supplémentaire. De plus j’apprécie tout particulièrement les voix instables, qui touchent constamment leurs propres limites, et la manière dont la sienne se voile légèrement dans les aigus me fascine.

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Sonic Youth – The Diamond Sea

Tout simplement l’un des meilleurs morceaux au monde, joué par un des meilleurs groupes au monde.
J’aime le contraste entre cette écriture très pop et leur manière de faire exploser le format traditionnel. La reprise du couplet à 7:12 est incroyable. Non seulement ils jouent le morceau plus lentement, apportant un tension qui n’existe pas au début du titre, mais il y a aussi pour moi une forme de tendresse assez rassurante de nous rappeler où nous sommes, une sorte de confiance établie entre le groupe et l’auditeur, qui nous permet ensuite de nous laisser porter pendant plus de dix minutes jusqu’à la fin du morceau.

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Kaitlyn Aurelia Smith – When I try, I’m full

J’adore son travail sur les textures, les mélodies et la déconstruction. Son album est autant dérangeant qu’apaisant, plein de vagues de délicatesses, de voix étranges et de tsunamis de sons indéfinissables. De plus elle mélange tout ça avec pas mal d’instruments à vent, qui complètent à merveille tout son set électronique.
Clairement une de mes artistes préférées du moment.

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Steve Reich – Music for 18 musicians

Simplement la meilleure illustration possible de ma fascination pour la musique répétitive.

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