Chez Michel – Paris (75010)


21.09.08 - Guillaume

ChezMichel
Chez Michel
10, rue de Belzunce
75010 Paris
Tél : 01.44.53.06.20
Ouvert du Lundi au Vendredi de 12h à 14h (sauf lundi) et de 19h à minuit.

La 2ère visite est → ici

Chez Michel est Le restaurant comme on n’en fait plus à Paris, en tout cas comme il ne s’en ouvre plus ces derniers jours.
Pour résumer, on pourrait dire que c’est l’excellence modeste telle qu’on ne la rencontre généralement qu’en province. La décoration est tout sauf branchouille, voire un brin surannée mais en même temps son authenticité colle à fond avec la fraîcheur des poissons ou des gibiers. Ici, ça sent la Bretagne et le bord de mer mais attention c’est l’iode qu’on vient chercher plus qu’une galette bio chroniquée dans Marie Claire.
Et puis le quartier étant peu couru des badauds, les gens qui viennent ici ne viennent pas par hasard et font le déplacement pour le contenu.

Les poissons sont d’une fraîcheur absolue et cuits à la perfection, et surtout, surtout on échappe aux deux grands travers de la cuisine du poisson en France :
– le poisson noyé dans une sauce tellement lourde qu’elle l’étouffe et le noie (un comble)
– le poisson façon bio-bio tellement perdu dans son assiette de légumes qui n’ont rien à voir avec son monde qu’il s’échoue au milieu du plat.
Ici on est dans du poisson vif, entier, musclé, sympa, bonne gueule, entouré d’un monde qui lui veut du bien.
La fraîcheur commence d’ailleurs avec une assiette de bulots déposée sur la table avant toute commande et le gros pain et le beurre qui vont avec.
On passe à l’entrée et je reçois mes sardines fraîches à la tomate servies dans une verrine : la fraîcheur on vous dit, rien que ça.

Ensuite le chef : Thierry Breton (ça ne s’invente pas). D’une gentillesse qui met à l’aise, on l’entend discuter avec la table derrière du Paris-Brest qu’il a fait à vélo l’année passée. [Le Paris-Brest est le dessert qui tue du restaurant : le summum.] Il vient ensuite nous aider à choisir les vins, mon amie lui explique qu’elle a peur que le vin blanc la rende agressive, Michel lui répond que cela n’a rien à voir avec la couleur du vin mais que le vin blanc est plus difficile à faire que le rouge du coup il est plus souvent souffré, et qu’au contraire ce vin-là va la rendre amoureuse. Il nous conseille un corse de première fraîcheur (en photo) et nous vante le sérieux du travail du propriétaire – un corse qui fait du 100% qualité – et nous prévient qu’aux alentours d’avril, il fait une quinzaine corse dans son restaurant durant laquelle il cuisine les produits insulaires.

On finit en beauté avec un doublé kouign aman – Paris-Brest, un café accompagné d’un caramel au beurre salé et l’on se dit que Paris est beau…
On s’attendrait presque à voir passer Alain Delon et Philippe Noiret comme dans ces films de province des 70’s.

A question? A reaction? We'd love to hear your feedback!