KIEZ Biergarten Parisien – Paris (75018)


28.08.14 - Guillaume
KIEZ Biergarten Parisien
24 rue Vauvenargues
75018 Paris
01 46 27 78 46
lun - dim: 08:30 - 02:00
https://www.facebook.com/kiezparis
- Le résumé -

Le premier Biergarten à Paris, l’Europe est à la mode, dans la vraie vie, pas en politique. On se connaît tous, ou quasi, on va se connaître de plus en plus, on va les uns chez les autres, on se kiffe, ben ouais c’est comme ça, du coup y a un Biergarten à Paris, c’est tant mieux!

On n’y vient pas forcément pour manger, tout n’est pas dingue mais c’est bien fait et pas très cher, alors rien que pour ça on dit oui. En plus y a un grand choix de bières pression, le personnel est dans le jus car trop réduit, mais très sympa et nature, et enfin c’est dans un quartier dans lequel il manquait un lieu sympa.

Clientèle sympa et pas ramenarde.

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- La petite histoire -

C’est l’ancien correspondant du Monde à Bonn qui me l’a recommandé après y avoir été, on a vu pire comme source.

De retour de vacances envie de rester dans la vibe, apéro dans le jardin et tout ça, alors hop on y va.

Je suis heureux de voir que l’Allemagne redevient à la mode, il y avait le bar Le Titon dans le 12 et sinon rien à se mettre sous la dent.

Pour l’anecdote, lors d’un Euro, j’avais décidé avec un ami d’aller voir les matches dans des lieux propres à l’une des deux équipes. Pour un Allemagne-Turquie, nous avions donc décidé de le regarder dans un lieu allemand. J’avais cherché sur internet mais rien trouvé.

J’avais donc appelé la Maison de l’Allemagne de la Cité Universitaire et on m’avait alors confirmé qu’il n’y avait pas de bar ou de resto allemand à Paris, à part le Titon, et encore je ne sais pas s’il existait déjà. En revanche on nous avait proposé de nous joindre au groupe d’étudiants allemands invités à regarder le mach à TF1 dans les studios de l’émission Télé Foot. Nous voilà au milieu d’un group d’étudiants, certains peinturlurés, je me souviens d’une fille en smili-pleurs à chaque occasion teutonne manquée.

J’étais pro turc et j’avais oublié que je n’étais pas censé l’être lorsque j’ai poussé un cri de joie à la suite d’un tir cadré ottoman. L’ambiance était bizarre, pas parce que c’était allemand bien sûr, mais plus cette ambiance télé, on était parti regarder la 2ème mi-temps dans un bar crapuleux au croisement de la rue de Mazagran et de la rue de Metz; aujourd’hui c’est un bar branché tout neuf et pas mal du tout, l’Inconnu.

- Le lieu -

Le lieu est sympa, il est dans un quartier qui en manquait. En revanche fin août c’était plein dans les deux salles, il ne restait qu’une ou deux tables à 21h, autant dire qu’il ne fallait pas traîner. Sinon on n’est pas les uns sur les autres c’est cool, en tout cas dans la salle à l’intérieur, dans le « jardin », une courette agréable, c’était plus compact, mais bon l’espace vital semblait être respecté. Elle ferme à 23h par respect pour les voisins.

Autre souci, la musique hyper forte et pas toujours de bon goût, un peu dur même si pas dramatique.

A part ça ce que j’ai apprécié, c’est le service à la table, je commençais à faire la queue au bar alors qu’ils étaient débordés et je sentais que ça allait durer des heures lorsque le garçon m’a proposé de m’installer et qu’il viendrait nous voir ensuite. Parfait.

La déco est sinon réussie, on retrouve cette ambiance berlinoise de déco moitié roots – moitié stylée.

Ah enfin gros souci, un seul chiotte pour tout le bar, un bar à bières! A 21h30, il y avait une file de 5 filles qui semblait bien emmerdée, on s’est échangé des regards compatissants, en plus elles attendent dans le couloir qui mène au jardin, pas sympa d’être là à poireauter devant tout le monde. Bon après je me doute qu’à Paris on ne fait pas ce qu’on veut, ils ont déjà trouvé un emplacement trop, mais côté clients, seulement un toilette, c’est chaud.

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- L'équipe -

Un jeune français pêchu qui nous a eu à la bonne, deux tournées de Jagermeister offertes. Sinon il y avait une allemande sympathique elle aussi même si bien dans le speed au moment du rush de 21h.

On a bien papoté avec le gars à la fin, il nous a expliqué la genèse du projet en nous montrant un jeune homme assis avec des amis : c’était lui le créateur allemand du projet, il s’est associé avec un français, ils ont mis de côté, ont emprunté, se sont lancés, et voilà on y est. Le barman a dit « roule ma poule » mais je préfère « on y est » :).

Une équipe jeune, nature, franco-allemande donc, qui colle bien à l’esprit du lieu. Meilleur esprit qu’au Titon, même si je ne tire pas dessus, il est sympa mais on s’y sent moins à l’aise.

- Le menu -

Le soir il n’y a pas de plat du jour, c’est juste le midi, c’est con, ce boeuf au court bouillon à 10,50 me disait totalement.

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En tout cas la carte est à prix honnêtes et ça, ça change tout, on ne se dit pas en parcourant la carte avec anxiété : « putain le plat du jour a disparu, la chasse au pigeon a commencé ».

Plats entre 11,50 et 15 avec une pointe à 18.

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J’ai demandé conseil au serveur, il m’a parlé du burger mais j’en avais mangé dans une station Total sur l’autoroute, quand ton bide revient de Vietnam, il lui faut deux jours de mise au vert sinon c’est l’hémorragie, donc pas de burger.

Du coup ce qui me disait c’étaient les Königsberger Klöpse : des boulettes de boeuf, sauce blanche aux câpres, pommes de terre, betteraves.

Comme ils n’avaient plus de patates, le serveur m’a dit que ça avait été remplacé par du riz mais que ça allait bien avec les boulettes.

Bon alors la viande elle-même était délicieuse. Sinon je ne connais pas la recette originale mais quand je vois câpres j’ai envie de sentir et de voir de la câpre, là ce n’était pas le cas. Mais surtout ce qui m’a chagriné c’est le riz qui avait vraiment peu d’intérêt, le serveur, sympa, m’a pourtant dit qu’il était cuit avec un bouillon de vin blanc, et les betteraves me rappelaient celles de la cantine, pas le goût de frais.

Attention on pourrait croire que j’étais déçu, non : pour le prix je trouvais ça très honnête, bien meilleur que ce qu’on peut te servir ailleurs à Paris pour le même prix, surtout dans un bar. Ca aurait été 17, j’aurais sorti le bazooka; à 12,50 avec une bonne pinte de bière allemande, tu te dis « ils se sont pas fait chier pour le riz et les betteraves c’est con », voilà.

En même temps avec les patates ça doit être meilleur. Cela étant encore une fois, c’est très honorable et la viande est très bonne ET bien cuite, c’est donc le décrochage des accompagnements qui fait d’autant plus de peine. La vérité est dans les détails, le goût est dans les accompagnements :)

Apparemment leur curry wurst remporte tous les suffrages, la saucisse vient d’Allemagne.

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Comme on avait encore une petite faim de salé, on a pris le Frichkäse Bällchen : fromage frais, paprika, ciboulette, à 5,50 euros.

Très bien, « sans doute la meilleure chose qu’on ait mangée ce soir a dit la personne qui m’accompagnait », je l’ai trouvée un peu dure mais j’ai compris.


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Et avec ça qu’est-ce qu’on boit? Une Kolsch pour démarrer puis une Saint Thomas ensuite, j’ai trouvé que la 2ème passait moins bien, bref rien de très grave.

Ce que m’en a dit l’ancien correspondant en Allemagne :

« La Kölsch, c’est la bière de Cologne. Pour les Allemands qui te lisent : en général, ils ne mélangent pas les bières, soit ils sont « Kölsch » soit ils sont « Pils », soit ils sont « Hell »… C’est un peu comme les amateurs des Beatles ou des Rolling Stones. Du coup je te conseille de rester sur un même type de bière pendant toute une soirée, mais c’est juste un réflexe de mec qui a vécu avec les Teutons quelques années ! »

Dont acte! :)

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- Le bilan -

C’est une bonne pioche, l’esprit du biergarten est conservé : pas d’ambiance hautaine à la parisienne qui aurait soulé tout le monde dans un bar qui se veut différent, service raccord, la carte est à prix raisonnables mais il faudrait travailler les accompagnements, quant aux bières je n’ai pas été bluffé même si j’ai pris un grand plaisir à les boire.

Si je reviens je testerais le fond de jeu de la carte question bières. Et j’espère qu’il n’y aura pas trop de monde.

On n’en ressort pas lésé et plutôt content de sa soirée. Pour nous faire revenir souvent il faudra sans doute ce petit plus question produits.

Je dis « Willkomen et bravo » quoi qu’il arrive, c’est une belle initiative. Je suis heureux que des lieux comme ça puissent s’ouvrir à Paris : jeunes, innovants, dans le vent, sans être caricaturaux.

Mention spéciale au couple de quarantenaires qui copulait littéralement à côté de nous, le baiser de 10 minutes passe encore, le mec debout par dessus la table avec la main en plein pelotage intensif sous le pull de sa partenaire, limite too much. Pourtant on est ouverts :)

J’avais du mal à me concenter sur le récit des vacances dans le Poitou de la personne qui m’accompagnait.