La Trottinette – Paris (75011)


21.06.11 - Guillaume
La Trottinette
23, rue de la Fontaine au Roi
75011 Paris
07 60 91 93 51
Fermé le dimanche et le lundi, ouvert seulement le soir, bar apéritif à partir de 17h30
Métro : Goncourt
- Le résumé -

 Un resto-bar sicilien qui tient dans un mouchoir de poche et qui envoie du typique de 1ère bourre au juste prix tout en ayant très peu de tables et deux chefs en cuisine, le tout dans une ambiance comme à la maison !

Comment vous dire ? Le truc qu’on ne voit jamais à Paris, et en province c’est réussi une fois sur 6, c’est-à-dire le bar à la cool, moderne, qui passe de la house et a des bouteilles de champ’ mais qui est aussi capable de faire une cuisine authentiquissime sur les quelques tables de la salle arrière.
Ben ça, mon pote si t’en connais d’autres, envoie le bousin car perso, des foireux j’en connais 256 mais des sérieux c’était quasiment le premier.

- Le lieu -

Cela donne plus l’impression d’un petit bar vu de l’extérieur et effectivement en rentrant on trouve tout de suite le comptoir sur la droite avant de découvrir les quelques tables de la salle à manger du fond.
Pour la salle, il y avait une jeune femme au bar (la seule non-sicilienne), un homme au service et en cuisine ils étaient deux (rare pour un resto aussi petit !), un homme et une femme, le tout pour 3 tables ce soir-là. Ils sont tous a-d-o-r-a-b-l-e-s.
Le monsieur en salle connaît ses plats, ses vins et les recettes sur le bout des doigts. Le chef est quant à lui venu nous apporter certains plats et nous avons donc fait connaissance avec lui, lui aussi très sympa; et c’était avant que l’une des personnes qui étaient avec moi lâche que j’avais un blog.

La petite histoire
Je l’ai découvert grâce au site italieaparis.net dont j’ai déja dit ici tout le bien que j’en pensais.
L’enthousiasme de leur chronique, ainsi que son contenu, donnaient fortement envie d’y jeter un oeil dès que possible. L’article commençait comme ça : « Dans l’ambiance conviviale et décontractée des ruelles du onzième arrondissement, entre République et Goncourt, nous ne nous attendions pas à découvrir ce fleuron de la cuisine sicilienne. »
Ce fut au départ un bar puis un resto-bar, puis ces siciliens ont confié la gestion à une personne et d’après ce qu’ils m’en ont dit ça s’est mal passé. Ils sont repartis en équipe resserrée et motivée et il n’y a pas de raisons pour que ça ne marche pas.

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- Le menu -

Il n’y a pas de carte, juste les plats du jour, à l’italienne.
Entrée
Antipasti
Le plat sur la photo était pour 4 : 6 euros par personne avec la mozzarella normale, 8 avec la mozzarella fumée. Il y a de la caponata (la ratatouille sicilienne pour le dire vite), des tomates vertes confites, des tomates séchées, des aubergines grillées avec du parmesan, des gousses d’ail confites, des poivrons rouges.
La caponata pour 4 était franchement trop peu servie, j’en ai redemandé et hop un bol sur la table apporté sans histoire, après que le serveur ait checké la dispo en hélant son chef à travers la petite salle, comme à la maison on vous dit.

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Nous les avons arrosées d’un Moli 2009 à 21 euros (il est à 7,80 euros ici, ils margent donc à moins de 3 X, ça va)
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Plat
J’ai pris les pâtes du jour, les Anellettis au four à la sicilienne. Toutes les pâtes sont à 12 euros !
Sans être une tuerie atomique, je dirais que c’étaient comme des pâtes que t’aurais cartonnées à la maison, donc elles étaient très bonnes ! J’en ai redemandé d’ailleurs. La présentation montre tout de suite qu’ici on ne triche pas. D’autre part, et c’est tout le leitmotiv de cet article, ce sont des pâtes que je n’avais jamais mangées donc je reste prudent face à mon jugement sur un plat encore inconnu pour moi. En effet il y a ma réaction première mais il y a en même temps la joie de découvrir une recette authentique qui ne correspond pas d’emblée aux goûts déjà connus, et ça c’est tant mieux.P1130841
Là on a commencé à claquer des vannes sur l’acteur Curtirussi qui aurait joué dans New York 97, on commençait à être bien. C’est un cépage Negramaro de la région de Salento.

P1130836 Desserts
Ils étaient beaux et authentiques malheureusement nous n’avons eu le coup de coeur pour aucun, car souvent trop sucrés. Mais j’ai tout de même beaucoup aimé le Pasticino à la gelée de pastèque et le Fagottino à la pomme et au calva. Mais c’est l’occasion ici encore de goûter les vrais desserts siciliens et de sortir de la panna cotta et du tiramisu donc on ne le regrette pas.


Gelée de pastèque (gelo di melone)
A l’origine, ce dessert était préparé à l’occasion de la fête de sainte Rosalia (du 13 au 15 juillet) à Palerme.
En fait melone c’est le melon et anguria c’est la pastèque mais en Sicile on peut utiliser melone comme terme d’argot pour désigner la pastèque, ce qui est le cas ici. C’est Mauro le serveur du resto qui m’a expliqué ça car je n’y comprenais plus rien.
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Pasticino di Anguria
C’est une tartelette parfumée à la cannelle et fourrée avec une gelée de pastèque
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Fagottino

Une sorte de crêpe fourrée à la pomme et au calva, celui que j’ai préféréP1130845
Cassata
LE dessert sicilien à base de génoise, de pâte d’amandes, de ricotta, de fruits secs. On le sert notamment à Noël.P1130844
Sur cette granita maison au citron (genre de sorbet : eau, sucre, citron) nous sommes en revanche tous tombés d’accord. Elle permet de clarifier l’estomac avant de recevoir la grappa (avec modération).
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Le chef quitte les lieux et nous dit bonsoir.

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- Le bilan -

8 euros l’antipasti + 12 euros les pâtes + 11 euros de vin / personne (2 bouteilles pour 4) + 1 dessert + une grappa offerte par la maison = 35, 50 euros. Parmi les restaurants « bonheur » il y a ceux qui proposent une cuisine incroyable et d’autres qui font une cuisine typique et savoureuse – même si elle n’est pas toujours vertigineuse – servie dans une ambiance adorable. Nous sommes ici dans la 2ème catégorie : il ressort de tout ça un excellent moment, une envie de revenir et une bienveillance naturelle à l’égard d’une équipe qui met autant de coeur à faire de la bonne came et à partager la cuisine sicilienne la plus typique : dans le respect des règles mais en étant complètement ouvert aux autres, et ça, c’est l’état d’esprit du futur.

Après un come-back dans les années 2000, la trottinette a re-disparu, espérons que celle-ci perdure !