Le Bellechasse – Paris (75007)


12.01.09 - Guillaume
Le Bellechasse (surtout ne vous arrêtez pas à la bâche un peu noircie par les ans, lisez la suite)
33, rue de Bellechasse
75007 Paris
01.47.05.28.84
Ouvert le Midi du Lundi au Vendredi (réservation conseillée)
- Le lieu -

Moitié bistrot 60’s resté dans son écrin, moitié resto-motel américain avec ses banquettes en simili cuir rouge, on y est tout de suite bien. On rentre en opérant un long travelling avant, saluant sur notre droite la patronne des lieux derrière son bar et atterrissant dans l’une des fameuses banquettes (il y a quelques tables en bois mais peu donc quand vous réservez, n’hésitez pas à demander une banquette).

La petite histoire
Ah le Bellechasse !, ça fait un bon moment que je veux « me le faire » celui-là, en fait depuis que je l’ai découvert un soir de promenade dans le quartier. Son ardoise m’avait séduit : l’ardoise elle-même – se déclinant tantôt craie sur tableau noir tantpot stabylo sur Veleda – mais le contenu aussi : tartare poêlé, rognons, harengs pommes à l’huile, etc…
Et puis comme je suis très rarement dans ce quartier (jamais en fait), je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller, aujourd’hui c’est chose faite : le Bellechasse, ça c’est fait!

La patronne tient le lieu depuis 20 ans. Elle n’ouvre plus que le midi pour 2 raisons m’a-t-elle dit, primo son âge, deuxio un AVC qu’elle a eu l’année dernière (la pauvre!).
C’est suite à un effondrement de son plafond dû aux travaux incessants de l’architecte qui habite au-dessus qu’elle a été contrainte de fermer pendant un certain temps. Cette histoire l’a visiblement beaucoup affectée et c’est pour passer le temps dans son restaurant fermé qu’elle décidé de refaire toutes ses banquettes elle-même. Elle est allée au marché Saint Pierre et a acheté ce similicuir dont elle a recouvert les banquettes et les chaises.
« Bon c’est artisanal, regardez je suis obligé de le reglisser après le passage des clients ». En tout cas j’ai mieux compris d’où venait ce petit air de resto américain que je n’avais jamais vu dans un bistrot aussi authentique.

- Le menu -

Menu plat du jour-dessert à 15 euros, plats seuls à 11, 13 ou 15 euros.

La carte parle d’elle-même :
– en entrée oeufs durs, harengs pommes à l’huile, salade de tomates, jambom fumé de Weshhalie
– en plats : rognons de veau à l’estragon, magret de canard sauce au poivre, onglet échalottes. Les 2 spécialités recommandées par la patronne : le tartare poêlé sur commande et le steak haché Poitevin. La maîtresse des lieux étant du Poitevin, cela explique la présence à la carte de ce plat. Depuis l’épisode de la vache folle, on ne peut plus utiliser de moëlle comme le veut la recette du coup un antidote a été trouvé – mais ne nous a pas été dévoilé (« je ne peux quand même pas tout vous dire »).

Nous avons pris des rognons à l’estragon et du magret de canard accompagnées de patates sautées (divines) et de salade verte (de la vraie laitue!, Alleluiah mes frères! – cf. mon cheval de bataille récurrent-). C’était bon comme un dans un bon bistrot, exactement ce que j’espérais. les rognons étaient rosés à l’intérieur alors que je les avais demandés à point, je l’ai dit gentiment à la patronne qui a acquiescé et m’a proposé direct de les remettre sur le feu. Cette sincérité m’a comblé et c’est comme s’il étaient passés mentalement au four, je les ai finis tels quels avec appétit.

J’ai enchaîné sur un cantal : très bien.

Les magrets et les rognons

Remarque : c’étaient les débuts du blog, les photos étaient pourries

Et la vraie surprise vint du dessert car jusqu’ici je m’attendais exactement à cette cuisine e bistrot aux petits oignons. mais dans ce type de restaurants, on est parfois déçus par le choix des desserts (tarte aux pommes, tarte aux poires, …).

Et bien nous avons pris :
– une panacotta préparée sur le pouce devant nous sur un coin du comptoir : pleine de fraîcheur, tonique, tenant debout, arrosée de son coulis de fruits rouges lui même drainant avec lui des vrais fruits tels des cailloux roulant de plaisir dans le lit d’une rivière.
– une crème au chocolat servie avec un coulis et des écorces d’oranges.
Nous sommes repartis h-e-u-r-e-u-x.

Quand je pense qu’un site de restos parisiens a créé une page spéciale « Restos de la rue de Bellechasse » et qu’il y a tous les nouveaux restos à droite, à gauche, en face, tous mais pas celui-là, je me dis que c’est fascinant d’être à ce point attirés par le neuf au point d’ignorer un bistrot aussi sérieux.


(désolé pour les reflets, je n’ai pas réussi à faire mieux)