Le Bistrot Montsouris – Paris (75014)


29.12.10 - Guillaume
Le Bistrot Montsouris
27, Avenue Reille
75014 Paris
01 45 89 17 05
Fermé Dimanche soir et Lundi
Métro : RER B Cité Universitaire
- Le résumé -

Une auberge provinciale à l’entrée du Parc Montsouris. Si on est briefé sur le truc et qu’on vient pour ça – et qu’on est donc prêt à changer d’un chouïa ses critères de lecture typiquement parisiens -, y a de quoi kiffer.

- Le lieu -

Quand on rentre c’est entre la chaumière et l’auberge. Au départ, je dois dire que j’ai trouvé ça un peu triste. J’étais partagé entre l’envie d’entrer me m’asseoir près de la cheminée (sans feu) alors qu’il neigeait dehors et celle de repartir pour chercher plus de chaleur ailleurs. Finalement je suis resté et j’ai bien fait.
 

La petite histoire
Lors de mes visites de Paris en tant que guide en 2CV, j’avais repéré ce bistrot isolé et à la devanture remplie de stickers de guide sérieux (Bottin Gourmand, … ). J’avais décidé d’aller y faire un tour un de ces 4. Auparavant en regardant sur le net, j’avais fait plusieurs constats :
– il n’y avait pas de critiques super récentes
– parmi les internautes on dégageait 3 grandes lignes : « c’est sympa mais un poil triste, « c’est bon », « la cuisine est honnête mais pas exceptionnelle ».
Moi ce côté isolé m’intriguait et la façade aux airs de maison sérieuse aussi donc je voulais en avoir le coeur net.

- L'équipe -

Lorsque la patronne a repris son serveur sur le placement de notre table alors qu’il n’y en avait que deux autres d’occupées, je me suis dit que les Goonies n’étaient pas loin.
Et puis finalement ça l’a fait, l’équipe a l’air de s’entendre comme ça. Quant au chef, je lui ai demandé directement sa recommandation vu que sa cuisine est ouverte et qu’on passe devant pour aller aux toilettes. Super sympa, il m’a conseillé les oeufs molettes à la truffe, la terrine de lotte, l’andouillette qu’il fait venir d’un producteur de Sancerre – si je me souviens bien – et enfin le canard.

- Le menu -

Entrées

Oeufs cocotte aux truffes
C’est vrai qu’une fois qu’on a essayé d’en faire chez soi, on sait qu’il est dur de les rater – ou facile de les faire, néanmoins ceux-là étaient très bien. J’ai fait remarquer au chef que ce n’était pas la saison des truffes mais il m’a dit qu’il en avait gardé de côté lorsque c’était la période.

Terrine de lotte
La terrine de lotte maison, chose assez rare à Paris, était une réussite.

Plats
Andouillette au gratin dauphinois
Ah là je me suis régalé, pourtant me direz-vous une andouillette/grain dauphinois/salade verte ce n’est pas difficile à réussir et on en trouve couramment dans les bistrots.
Oui sauf que :
– des gratins dauphinois qui ne ressemblent à rien, j’en ai vu un paquet, particulièrement un récemment qui m’a beaucoup déçu : pas servi assez chaud, des pommes de terre tellement fines qu’elles n’ont aucun goût, du coup on tranche d’un coup avec sa fourchette des énormes morceaux d’un genre de flan froid sans goût. Ce n’est pas ça le gratin dauphinois ! Là on voit sur la photo que les pommes de terre ressemblent à quelque chose, qu’il y a de la matière, et que ça a pris le temps de gratiner sur le dessus.

– des andouillettes bof-bof y en aussi pas mal. Celle-là sentait fort, avait du goût, comportait des gros bouts : un régal ! Une vraie andouillette qui n’a pas besoin d’être énorme tellement son goût vous rassasie.

– quant à la salade verte, j’en parle tout le temps. Il y a deux mondes, la Terre et Mars, entre une salade achetée entière, lavée, triée puis servie avec une vinaigrette maison et une salade sous plastique avec quelques gouttelettes d’une sauce qui ne ressemble à rien.


 

 Filet de canard à la gelée de groseilles et endives braisées.

Gratin de saint-jacques, le vrai gratin de saint-jacques, bon et chaud.

- Le bilan -

Ben on a kiffé, enfin disons que c’était parfait pour le contexte : une balade familiale en 2Cv sous la neige. Maintenant est-ce que ça résiste à une tablée d’amis avinés, un dîner romantique en couple ? là est la question !
Niveau bouffe, j’ai quand même trouvé ça solide, ça a d’ailleurs l’air d’être l’un des repaires des résidents du coin. Et si vous n’aimez pas, il y a le restaurant Assannabel du 14ème à 400 mètres.
Moi je dis : à réessayer.
J’ai mis du temps à écrire cette chronique, il y a parfois des repas qui méritent d’être décantés.
Par exemple je pense au gratin dauphinois, ce n’était pas le meilleur du monde mais il était tellement un cran au-dessus de ceux qu’on trouve trop souvent dans les bistrots – bar à vins branchouilles que je me suis souvent remémoré son goût en bouche. Et lorsqu’hier j’ai été chez un traiteur- rôtisseur, adresse nouvellement créée par le propriétaire d’un resto connu, et que l’on m’a servi le gratin dauphinois sans âme, sans goût, sans intérêt et pas chaud que je déteste tant, j’ai eu à nouveau une petite pensée pour le Bistrot Montsouris.
L’andouillette aussi m’a particulièrement marqué. Des AAAA ça se trouve, celle-là ne brandissait pas sa carte d’identité, elle fut juste annoncée par le chef au milieu de ma discussion avec lui – « elle vient directement de Sancerre, un petit producteur qui me l’envoie » et bien, et vous me passerez l’expression, une andouillette qui sent le cul comme ça ce n’est pas tous les jours !