Le Lulli – Paris (75001)


06.12.13 - Guillaume
Le Lulli
4, rue de Valois
75001 Paris
01 42 96 15 35
Ouvert du lundi au vendredi de 12h à 14h30 et de 19h à 21h30
Métro : Palais Royal
http://www.grandhoteldupalaisroyal.com/fr/restaurant-bar/restaurant/
- Le résumé -

Ce qui s’appelle un coup de coeur absolu (à 42 euros le déjeuner quand même), comme j’en ai peu dans l’année, et je le dois au Figaroscope. Service 20/20 (quel plaisir de voir ça à Paris), cuisine exceptionnelle et rusée, cadre parfait, si ils acceptaient le sticker 716, je le collerais de suite, n’importe où.

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- Le lieu -

Le Figaroscope a fait un dossier sur les (bonnes) tables d’hôtels, en le parcourant j’en isolais vite deux, avec une préférence pour le Lulli notamment parce qu’on y évoquait : « l’accueil délicieux du responsable de salle. ». Et puis j’ignorais tout de ce Grand Hôtel du Palais Royal donc je réserve : accueil téléphonique parfait. « Je le sens bien, je le sens bien » me dis-je.
Le jour dit, je découvre le lieu. Une salle calme, en retrait de la rue, un côté « lounge » pour l’aspect confortable mais pas de musique à la noix, pas de couleurs violettes vulgaires, du vert clair, du blanc, du bois, des fauteuils confortables, on se sent bien tout de suite; notamment parce que la salle n’est pas pleine.
Cela étant, nous avons beaucoup apprécié que le maître d’hôtel nous propose de mettre nos blousons sur les fauteuils à côté des nôtres (notre table de deux jouxtait une autre table).
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- L'équipe -

Magique, si j’ouvrais un resto j’aimerais qu’il ressemble à cela. Tout le personnel est dans la même tonalité, affable mais chacun a son charme propre, poli mais pas obséquieux, souriant mais naturel, aucune fausse note. Ca a commencé lorsque je suis entré dans l’hôtel, j’étais un peu perdu pour trouver le resto, je vois passer une dame assez chic qui me semble être une responsable de l’hôtel : elle passe devant moi alors que je cherche visiblement mon chemin. Je me dis qu’elle aurait pu me demander si elle pouvait m’aider mais je n’en prends pas ombrage. Finalement je la suis, elle va voir des clients pour savoir si leur nouvelle chambre leur plaît. Je lui demande ensuite où est le restaurant, « je vous accompagne » me dit-elle en souriant. Elle m’amène au restaurant, me demande le nom de ma réservation, j’en étais limite gêné devant tant d’amabilité.
Et ce fut comme ça tout du long, les jeunes femmes au service étaient sympas, prévenantes, sans tomber dans la familiarité.
Et le maître d’hôtel est effectivement royal, il ne m’a pas compté mon verre de vin que je trouvais bon mais trop tannique.

- Le menu -

J’avais lu dans l’article du Figaro « menus au déjeuner à 35 et à 42″, je n’avais pas compris que pour 35 c’est entrée-plat et 42 entrée-plat-dessert.
Donc ce fut 42 pour nous, c’est élevé pour un menu déjeuner mais on est dans la limite tout à fait acceptable au vu de ce nous avons mangé, du service et du confort exceptionnels.

Gougères de foie gras et crème de châtaignes
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Quenelle de bar et bisque de homard
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Entrée
Tourte de grouse au ris de veau, petite salade acidulée, sauce bordelaise
J’ai ainsi découvert la Grouse et découvert dans cet article que le chef d’Auguste, un autre resto chic dont j’aime la cuisine précise, l’affectionnait également.
Entrée en matière réussie : on a le chaud de la tourte et le consistant du gibier qui tranchent avec cet assortiment multicolore de radis, truffes, châtaignes et autres légumes crus.
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Poularde Souvaroff, légumes du pot aux châtaignes fraîches
Excellente poularde (la recette de la Souvaroff) dont j’ai apprécié la consistance et le fondant, je suis rarement ébahi par les cuissons de volailles au restaurant, là ça correspond à ce que j’aime.
Le plat reste assez simple question saveurs, les légumes croquants sont là comme de fidèles compagnons de voyage. On ne cherche pas l’esbrouffe ici mais ce n’est pas non plus ambiance service minimum. C’est un plat d’automne qui joue parfaitement son rôle : réchauffer, réconforter avec des saveurs du terroir sans balader notre bouche aux 4 coins du monde.
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Noix de coquille Saint-Jacques dorées au poêlon, fruits et légumes d’automne légèrement agrumés
Ca c’était l’autre choix de plat, qu’on ne croit pas qu’il y avait deux plats dans le menu.
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Assiette de fromages
Magnifique, fromages fondants, goûteux, cette assiette a du chien.
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Dôme de mascarpone grillé, poire William rafraîchie au miel d’Eucalyptus
Succès total, comme un beau feu d’artifices, il faut que le bouquet final soit à la hauteur.
L’intitulé me laissait craindre un dessert plus paresseux, voire déjà vu, rien de tout ça!
Les petites boules blanches de mascarpone laissent échapper la poire lorsque l’on croque dedans. L’intitulé du dessert gagnerait à ce qu’on y mentionne le chocolat à mon avis.
Splendide, un dessert bon et léger : la mission d’un dessert!, et la dose de chocolat était juste bien, pas trop surtout car ça écoeure à la fin.
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Avec le café, nous avons eu droit à des financiers et des caramels au beurre salé, tout deux maison.
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- Le bilan -

Au final 54 euros par personne pour deux menus (un sans dessert), deux jus de tomates et deux cafés, le juste prix pour un tel déjeuner. Le soir il semble que ça s’envole.
Cela étant, pour qui veut faire un déjeuner important et savoureux de A à Z près du Louvre dans un lieu charmant et élégant (par la déco mais aussi par l’humain), tout en ayant le luxe de s’y sentir bien c’est-à-dire soi-même alors je ne peux que conseiller ce Lulli.
Pas de fausses notes ou de décrochages ici, la cuisine comme le service suivent un plan de route sans nids de poule.
Je n’ai pas souvent l’occasion de croiser des tables à Paris qui me ressemblent autant (et ce, quel que soit le prix).