Le Pénalty – Paris (75008)


02.06.11 - Guillaume
Le Pénalty
10, rue de Penthièvre
75008 Paris
01 42 65 95 37
Fermé le dimanche
Métro : Miromesnil
- Le résumé -

Une brasserie à prix honnêtes et avec un accueil franchement aimable en plein 8ème. Une adresse à connaître.

 

- Le lieu -

La (grande) petite histoire 1

J’avais des clients à récupérer à l’hôtel Astorg et j’étais 15 minutes en avance. En passant rue de Penthièvre ce samedi midi ensoleillé, je tombe sur cette brasserie.
Un couple mangeait sur une table posée sur le trottoir et à l’intérieur une autre était occupée par deux trentenaires en costume. Un client était au comptoir.
Je demande un diabolo menthe et le patron me demande si je le veux en terrasse ou au comptoir,
– « Quelle est la différence ? »
– « Terrasse c’est 2,80 avec de la limonade en pression et comptoir 1,80 avec la limonade en bouteille »
– « alors comptoir c’est très bien. »

Il me sert un fond de sirop de grenadine, je lui dis que c’était menthe mais bon que ce n’est pas grave. Il dit : « non, non » prend un autre verre et le remplit de menthe.
Il finit la bouteille de limonade dedans et me sert mon diabolo; sauf que la limonade n’avait plus de bulles. Je lui fais remarquer. Il s’excuse et m’explique que sa serveuse a dû mal reboucher la bouteille. Il en ouvre une autre, bien fraîche et me refait mon diabolo menthe, le tout sans maugréer ou quoi que ce soit.
Vous me direz, quelque part c’est normal, mais pour Paris et dans un bistrot « tradi » il y a une chance sur deux pour que ce soit de votre faute si la menthe a été remplacée par la grenadine et si la limonade n’est pas fraîche.
J’enchaîne avec un café. Au final : diabolo + café comptoir = 1,80 + 1 = 2,80, le tout derrière la Madeleine côté Elysée.

Tout en buvant, je jette un oeil à la carte qui comptait quelques plats du jour, je vois la mention « tout est fait maison, pommes frites maison ». Hou ça me plaît.

(on ne voit pas grand chose sur la photo prise avec mon téléphone, à moins de cliquer sur la photo et de zoomer)

Enfin je tombe sur la carte de visite du restaurant, une petite feuille blanche imprimée posée sur le comptoir :
« Le Penalty
Couscous tous les jeudi et samedi midi et soir. »

La petite histoire 2
Le soir même alors qu’on hésitait sur l’endroit où manger et qu’il y avait un souhait général d’aller dans un coin différent, je suggérais ce Penalty. Je ne peux pas dire que ma proposition d’aller manger entre l’Elysée et la Madeleine ait suscité un enthousiasme général.
Finalement j’appelle le restaurant et je tombe sur la dame du midi toujours aussi gentille, qui me dit qu’elle nous attend.
Andiamo !

La petite hisoire 3

Il y avait donc une tablée familiale à côté de nous.
A la fin de leur repas, le patron rapporte une bouteille de champagne qu’ils avaient bue et là j’ai cru que mon pacemaker allait s’enrayer, oh de dieu ! Ecartez les enfants, tous aux abris.

Attendez, le bouchon ! le bouchon !

Devant une telle oeuvre d’art, nous engageons la conversation sur les cuvées du président. L’un des amis qui m’accompagnait n’étant pas ce que j’appelerai à proprement parler un sympathisant de Sarkozy, demande s’il y a une cuvée à son nom, et comme le patron lui répond que non, pas à sa connaissance, il ajoute : « pour lui ce serait un mousseux de toutes façons ».
La famille à table participait à moitié à notre conversation à ce moment-là. L’ami n’étant pas sûr que tout le monde ait bien compris sa blague renchérit : « ou alors du vinaigre. »
Dire que la famille a éclaté de rire en tapant des mains sur la table et en se tenant les côtes serait exagéré. Le silence pesant et immédiat qui s’ensuivit marquait plus une légère réprobation et c’est un doux euphémisme.

Je continue ma discussion avec le patron et lui demande depuis combien de temps il est ici. Il m’explique que cela ne fait que quelques mois et qu’il était auparavant à La Fourche, quartier où il a eu apparemment de nombreuses galères. Rue de Penthièvre à côté du ministère de l’intérieur ressemble pour lui à un petit paradis selon ses dires : « pas d’embrouilles, ça travaille fort le midi, le personnel du ministère de l’intérieur vient souvent, d’ailleurs la tablée qui est là, c’est la famille d’un officier de sécurité du ministère »… : j’ai mieux compris le manque d’enthousiasme à la vanne sur le vinaigre.

- Le menu -

Nous arrivons et trouvons une table près de la baie vitrée ouverte, il fait bon. A part nous, il y a juste une tablée familiale au milieu de la salle.

Couscous !
Il ne nous demande pas lequel on veut donc je lui demande ce qu’il y aura dedans : – « méchoui, agneau et merguez », ok c’est parti.

La viande est bonne, surtout le méchoui, les merguez sont très bien aussi, l’agneau bon mais un poil sec.

Les légumes sont très honnêtes même si pas dingues (mais ça va très bien pour moi)

En nous apportant la semoule normale, le patron nous suggère d’attendre un peu car la semoule aux fèves de sa femme arrive.
Effectivement ça valait le coup.

J’oubliais, pour arroser le tout, qu’est-ce qu’on boit ? Il y avait 3 vins à la carte et « sinon il y a la cuvée du président » nous dit le patron. « Ah bon mais c’est combien? », « 15 euros ». Allez pour une cuvée du président.

- Le bilan -

Nous avons mangé dans une ambiance calme et détendue un couscous de très bonne facture, accompagné d’un bon vin et d’un café, le tout pour 23 euros par tête en plein 8ème. Voilà un restaurant sans flonflons qui propose une cuisine honnête et réalisée avec sérieux.
Et j’insiste sur l’accueil bienveillant et aux petits soins. Le patron peut avoir l’air fatigué mais cela ne veut pas dire qu’il est bougon, loin de là. Et sa femme est très gentille elle aussi.
J’estime en avoir eu pour mon argent, c’était efficace et bien fait. Il ne s’agit pas de la perle cachée du 8 qui vous fera traverser tout Paris mais c’est assurément un bistrot qui fait bien son taf sans se moquer du monde et dieu sait si ce n’est pas le cas de tous.

C’est pas tous les jours qu’un couscous descend de la Fourche pour aller se coller à une antenne de Beauvau, je trouve quant à moi ce genre de transfert savoureux et sympathique.
J’ajouterai qu’en cherchant des infos sur l’établissement au moment de rédiger l’article, je suis tombé sur un article de Chrisoscope qui évoquait le lieu à l’époque de la précédente équipe et il semble que c’était déjà une bonne adresse, comme quoi parfois il n’y a pas de mystères.