MichelAngelo – Paris (75018)


23.12.09 - Guillaume
Michelangelo
3, rue André Barsacq
75018 Paris
01 42 23 10 77
Fermé les lundi et mardi Sur réservation, de 12h30 à 14h30 et de 20h à 22h
- Le résumé -

Le menu unique est à 25 euros : cuisine sicilienne maison apprise par Michelangelo au sein de sa famille et non dans les livres, comme il le revendique. Une tuerie comme là-bas, alors que la gastronomie italienne perd si souvent la simplicité de sa saveur en traversant les Alpes.
Le coeur de sa cuisine? « la viande et le poisson ce n’est pas le plus important, ça vient à la fin, l’essentiel ce sont les produits de base : les tomates séchées, les raisins secs, le basilic,…  »
Tout vient directement de chez lui, en Sicile.
Le menu est, semble-t-il, passé de 25 à 35 euros depuis l’époque où j’ai écrit la chronique, ça change la donne.

- Le lieu -

Une trattoria tenue par un seul homme Michelangelo.

Ce palermitain a conçu l’endroit comme son « chez lui » dans lequel il aurait des invités assis autour d’une grande table.
Vous l’aurez compris : c’est lui qui cuisine, sert et mange à table avec vous en fin de service.
Le resto est juste à côté d’un escalier de Montmartre, dans un lieu tellement carte postale que l’on se dit que c’est pour cela qu’on avait oublié d’y faire un truc authentique qui déchire.

- Le menu -

En vin nous avons pris un Montepulciano 2004 Sarnese, très bien.

En entrées
un assortiment typique de très haute volée :
– courges au vinaigre balsamique
– des artichauts farcis (carciofi ripeni) à la palermitane : chapelure, pignons, raisins secs, huile d’olive
– mozzarella
– arancini (croquettes au gorgonzola)

(je viens de capter qu’au milieu c’était le M de Michelangelo)
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Plat
Les spaghetti « Michelangelo » avec notamment pesto de tomates séchées, raisins et pecorino à la pistache. Elles étaient super bonnes et cuites al dente ce qui fait plaisir car ce n’est finalement pas si courant. Un régal, comme le disait une personne présente :  » pourtant des pâtes on a eu l’occasion d’en manger quelques-unes sur Paris. »

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Desserts
Des cannoli, dessert typique sicilien. Une amie italienne m’a dit que le vrai truc c’est de glisser la ricotta à l’intérieur au dernier moment sinon ce n’est pas ça.
Confirmé par cette phrase trouvée sur wikipédia : « Les puristes n’acceptent que des cannoli remplis au dernier moment car avec le temps l’eau contenue dans la ricotta est absorbée par la croûte et lui fait perdre son croquant. »
Pour précision, c’est un par personne mais ça suffisait, ils tuaient.

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- Le bilan -

C’est de la bombe, et il y a tout pour sonner les trompettes de Versailles et en faire, en ce qui me concerne, une de mes découvertes de l’année. Cela étant, le hic c’est que le vin fait monter l’addition : 1ère bouteille à 30 euros. Alors oui il est bon, aucun soucis (Montepulciano 2004) et ce n’est pas du vol. Mais du coup ça fait le repas pour 2 à 40 par tête minimum, ce qui ne permet pas d’y revenir aussi spontanément qu’on voudrait. En plus de ça, il est du coup chaud de reprendre une autre bouteille et c’est dommage de se sentir un peu à l’étroit dans un tel endroit.

Cela reste un super plan de par l’originalité du cadre et la sincérité de sa cuisine; loin d’une réflexion marketing, il s’agit au contraire d’un kif sorti tout droit de l’imagination d’un passionné. Par rapport à certains restos italiens auxquels il manque la sincérité de l’accueil et l’authenticité de la cuisine de trattoria, on ne peut que se réjouir de cette salle à manger qui respire la Sicile de part en part. Et puis il faut du courage pour monter un truc pareil.
A refaire donc, histoire d’être sûr que les élans du coeur ne soient pas bridés par le porte monnaie.


Comme les Cannoli étaient le gâteau préféré de Lucky Luciano, je profite de l’occasion pour vous recommander cet excellent film de Francesco Rosi avec GianMaria Volonté et Rod Steiger.

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J’ai découvert récemment deux groupes italiens dont voici les liens vers mon blog musique :
– port-royal
– Banjo or Freak out