Quinta Do Galo – Drancy (93700)


11.03.11 - Guillaume
Quinta Do Galo
184 bis, rue Jean Jaurès
93700 Drancy
01 48 30 04 48
Fermé le Dimanche
- Le résumé -

Un restaurant portugais qui envoie le bois, question qualité et chaleur humaine pour un menu à 11 euros.

- Le lieu -

Nous y voilà, une devanture vraiment sans chichis à un coin de rue, c’est vrai que si on ne le connaît pas, on ne s’y arrêterait pas forcément.

Il y a d’abord l’entrée du bar avec une sacré quantité de papiers et autres cochonneries au sol mais ça c’est le charme des vrais cafés.
Ensuite sur la gauche on a la salle à manger qui est vraiment spacieuse et décorée à l’ancienne, un look à mi-chemin entre la cantine et la salle de réception kitsch. C’est ça qu’on aime.

  La petite histoire 1
Si un jour j’arrivais à vivre de mes chroniques de restaurants, je me dis que j’aimerais bien faire un guide des restaurants de banlieue.

Déjà parce que ce n’est pas toujours facile de trouver sur le web les infos sur des bonnes tables de banlieue qui ne sont pas des restos de chaînes ou des restos Sushi ou grecs.
Par ailleurs, la folie des blogs n’a pas encore pris en banlieue mais on se dit que ça ne saurait tarder. D’ailleurs il y en a sûrement déjà que j’ignore. Mais on se dit que le paysage actuel de la chronique de resto de banlieue doit globalement ressembler à celui de la chronique gastronomique parisienne il y a 10, 15 ans c’est-à-dire qu’en gros il y a les guides « classiques » qui s’intéressent aux tables renommées ou d’un certain standing et les sites regroupant des avis d’internautes. En bref ça veut dire qu’il faut en écumer des pages google avant de tomber sur une info pertinente à propos d’une cuisine « maison » à budget modéré.

En plus, je pense que la banlieue est une valeur d’avenir pour Paris et ça fait longtemps que j’y crois. Ca prendra du temps mais un jour on aura un club digne de ce nom en banlieue, pas un 287 mais un plan à la berlinoise, ou alors un établissement mélangeant pavillon et vrai club de nuit comme ce club de la banlieue nord de Londres où j’avais été et qui mélangeait dans un même édifice : une salle de danse principale très haute de plafond avec de la pierre au mur, un jardin avec des balancelles et un sous-sol bas de plafond avec des enceintes attachées avec des chaînes, genre teuf dans une cave de baraque de banlieue.

Bref, revenons à nos moutons.
Il y a une autre raison pour faire ce guide : dans toute ville de banlieue ou presque il y a au moins un restaurant portugais et ceux-ci échappent quasiment tous aux guides. Pourtant ce sont souvent des valeurs sûres que l’on trouve dans toute l’île de France et qui proposent une cuisine maison généreuse à prix modiques, avec un menu qui est un vrai menu : « entrée-plat-dessert-boisson, voire fromage et café inclus ». Le site dragone en recense une pelletée mais malheureusement il n’y a pas d’avis critiques pour se faire une idée.
Après, la chaleur de l’accueil dépend des maisons mais il y a quand même souvent de bonnes surprises.
Celle dont je vais vous parler aujourd’hui est une adresse bonheur sans aucune ombre au tableau.

La petite histoire 2
Je devais aller à Drancy un lundi et le dimanche je me mets à chercher sur le web une table sympa dans les environs. Je tape entre autres « Pudlowski Drancy » car Pudlowski est plutôt bon sur les tables de banlieue, plus prolixe en tout cas que François Simon qui ne parle que de Boulogne, Suresnes et Versailles pour toute l’île de France, ce qui limite le débat.
Bon je vois qu’il est fait mention de la charcuterie Duval qui fabriquait l’andouillette du même nom. Je pensais les appeler le lundi matin pour leur demander s’ils n’avaient pas une bonne adresse de resto à conseiller mais ils étaient fermés le lundi.

Il était dimanche et je n’avais toujours rien trouvé de concret. Sur les sites d’internautes, je ne voyais qu’un Sushi peu engageant recommandé à Drancy. Je décidais donc de partir sur la piste portugaise qui est toujours une solution lorsqu’on galère en banlieue.

En cherchant « Portugal Drancy » je tombe sur le site d’ « Au Drancy Portugais« , une épicerie portugaise. Je regarde les horaires et je vois qu’ils ferment à 20h le dimanche ! Il était 20h23, j’appelle sur le fixe : répondeur. Je tente le portable, on décroche. J’explique mon problème et je tombe sur un monsieur super sympa qui m’explique que tous les bons restos portugais qu’il connaît sont fermés le lundi, – « mais vous n’en avez vraiment pas un sympa qui est ouvert le lundi ? », – « ah si, le Galo » (je ne peux pas retranscrire l’accent mais c’était costaud, je chope Galo), « – ah ben super », – « dites-leur que vous venez de ma part, ils servent des portions costaud », « merci beaucoup, c’est super sympa ».
Le lundi 11h, j’appelle mon Galo, je tombe sur une femme très sympathique qui prend ma réservation.
Ca sentait bon c’te histoire.

- Le menu -

1ere visite 

Il y a la carte et sinon les menus sont à 11 et à 15 euros. La patronne précise que tout est du jour, loin de moi l’idée de mettre en doute ses dires mais j’ai hésité à lui demander comment ils faisaient car ils avaient pas mal de plats différents entre les deux menus, genre 7 choix rien que pour celui à 15 et pas des trucs de débutants (porc à l’alontejana : riz avec porc et coques, arroz cabidela : du poulet fermier servi avec du riz et une sauce noire m’a-t-elle dit)

On part sur le 11 euros : entrée-plat-dessert-boisson

Entrée
Sopa de légumes
Soupe maison

Une belle soupe avec ses poireaux qu’on voit pointer le bout du nez et ces belles tâches d’huile d’olive rajoutées sur la fin

Plat
Boeuf bourguignon

Héhé la maîtresse des lieux me l’avait annoncé au téléphone du coup j’en salivais déjà avant de venir. Il n’y avait plus de coquillettes donc on a eu le choix entre des pommes de terre des des spaghetti, je préfère. Les patates auraient pu être cuites un poil plus mais ça ne m’a pas gêné plus que ça. Le boeuf bourguigon était nickel, servi avec des champignons et la laitue qui accompagnait était pêchue aussi, bien vinaigrettée comme il faut.

Dessert
Tarte aux pommes maison

Elle était bonne, je n’aime pas les amandes sur les tartes aux pommes, je trouve ça inutile mais ça ne retire rien à la satisfaction que j’ai eu à m’engloutir cette tarte avec un expresso musclé.

2ème visite
Une autre visite dans le coin et hop retour à Galo.

2ème menu à 11 euros.
Entrée
Oeufs mayo avec une bonne mayo maison

Plat
Blanquette de veau

Riz un peu al dente, craquant mais pourquoi pas. En tout cas c’est un plat qui a de belles couleurs, une blanquette revisitée parfaite pour un menu à 11

Dessert
Molotov
Ce n’est pas moi qui l’ai pris, je l’ai goûté et je dois dire que ce dessert fut toujours une réussite dans les différents restos portguais où j’ai pu le tester.

- Le bilan -

Bilan 1
Des portugais, j’en ai fait quelques-uns, le déjeuner de ce jour-là était parfait question qualité/prix/bonne vibe. Et l’accueil aussi.
C’est un couple, lui officiait derrière le bar, elle en salle, les deux vraiment ouverts, cools.
A la fin, il ne restait plus que nous et deux clients. Les deux ne se connaissaient pas mais taillaient la bavette tout en mangeant et faisaient face au couple qui se restaurait lui aussi et participait à la discussion. L’un des deux clients parlait très fort et soutenait à l’autre, breton, que les bretons étaient moins cons depuis la canicule de 2006 car depuis qu’il faisait beau ils pratiquaient les mêmes prix que partout ailleurs. Ca ne s’invente pas ce genre de phase.
Et encore j’ai passé l’anecdote du père d’origine maghrébine qui était avec sa fille dans la vingtaine, les deux mangeant tout en buvant un pichet de rouge, et la fille expliquant à son père comment faire une manip’ de bricolage.

En réglant l’addition, le père a dit à sa fille : « faudra qu’on amène maman ici », la fille a répondu : « t’es fou !, si elle sait qu’on boit du vin, elle va nous tuer ! ».

Bilan 2

Rien à redire, comme la 1ère fois.
Une vraie halte sans chichis avec une atmosphère bien dans son jus à couper le souffle, pour ceux qui aiment !
Si les petits restos bossaient tous comme ça, le monde irait mieux.
Je précise quand même que la maîtresse des lieux est très sympa mais on sent quand même qu’il ne faut pas trop la chercher.

Anecdote de fin
Lors du 2ème repas, j’ai raconté à la patronne comment je l’avais découvert grâce Au Drancy Portugais et le fait que lorsque je lui ai demandé quels restos il conseillait, il m’avait répondu d’abord « tous les bons portugais sont fermés le lundi ». Avant que je poursuive, elle a précisé : « oui nous ici, c’est simple ». J’ai trouvé ça touchant et classe de le dire comme ça.