Rossi & Co – Paris (75002)


11.02.13 - Guillaume
Rossi & Co
10, rue Mandar
75002 Paris
09 54 96 00 38
Métros : Sentier, Les Halles
- Le résumé -

Coup de coeur! Voilà à quoi devrait ressembler la cuisine italienne sophistiquée à Paris : droit au but, sans esbrouffe, surprenante, authentique, pas snob. Ce restaurant est une perle.
Une excellente adresse que je dois une fois de plus à Stefano Palombari d’Italieaparis.

- Le lieu -

Il est petit, la décoration est épurée. La cuisine est dans le fond, ouverte sur la salle. Attention les odorats sensibles sentiront ce qui s’y prépare mais comme tout est bon, ça reste léger et non gras.
Les tables sont assez rapprochées les unes des autres mais ce midi-là, les clients étaient des fins gourmets respectueux, personne ne gueulait. Je pense que l’esprit des lieux suscite une certaine décence, à confirmer un soir de week-end.

 

- L'équipe -

Le serveur est de la région de Venise et il n’a pas l’extraversion naturelle du chef Marco Rossi qui est lui napolitain. Lorsque je suis rentré, c’est d’ailleurs le chef qui m’a accueilli avec un Bonjour et un sourire du fond de sa cuisine et non le serveur. Cela étant le serveur est très gentil, très pro dans la présentation des plats et il connaît sa carte. Mais sur certains détails il pourrait encore élever le niveau, en accueillant les gens d’un sourire ou en indiquant le portemanteau par exemple.

- Le menu -

La formule est géniale.
Entrée-plat à 18 ou entrée-plat-dessert à 24 euros et attention on ne vous sert pas des penne all’arabiata et un tiramisu, non ça ne rigole pas, on vous propose une superbe cuisine maison pour ce prix.
Regardez plutôt.

Ce jour-là nous avons décidé de faire péter la carte.
Il semble que les gens assis à la table à côté de la notre aient au aussi droit aux amuse-gueules (au moins certains d’entre eux) alors qu’ils avaient pris de menus : sympa!

Amuse gueules
Bébés tomates marinées aux épices

Olive

Ces deux légumes étaient loin d’être du foutage de gueule, genre on met deux tomates grandes comme des boucles d’oreille et une grosse olive sur une ardoise.
Non les deux légumes avaient quelquechose à dire, beaucoup de parfum, de goût. Un vrai propos. Une vraie mise en bouche.

Il y eut ensuite une pizza, scarolle et lardo di colonatta que je n’ai pas photographiée.

Entrée
Soufflé de mozarella aux petits légumes, truffe noire et chocolat

Plats
Quasi de veau (j’ai oublié l’intitulé entier)

Gnocchi de pomme de terre ratte, moule, coriandre, bottargue de thon.
J’étais étonné car j’étais habitué à manger les gnocchi al dente, ici ils étaient fondants et le serveur m’a expliqué que c’était la manière de les cuisiner, en tout cas ici. Mais il était prévenant et m’a d’ailleurs demandé deux fois si ça me plaisait.

J’ai arrosé ça d’un verre de Grotta rossa 2010.

Desserts
Baba au rhum et à la poire
Un baba comme à Naples.

Semifreddo au chocolat, noix, noisette

- Le bilan -

C’était tellement bon que je n’ai même pas eu envie d’ajouter des commentaires aux photos des plats.

En plus pour moi qui suis allé deux fois coup sur coup à Naples les deux derniers moins, m’aventurer dans un restaurant italien de Paris n’était pas sans risques.
J’ai été emballé, je tiens à y revenir, mieux saisir l’ensemble du lieu et de la carte.

En tout cas, c’est sûr, je l’avais annoncé mais là on y est : la cuisine italienne à Paris vit ses plus beaux jours, on est sorti de la carotte monstrueuse des années 2000, viva Italia : nouveaux chefs, plus jeunes, plus modernes, plus roots aussi (et oui les deux vont bien ensemble), plus italiens tout simplement.
C’est comme pour la cuisine chinoise, elle a fini de s’excuser d’être différente et elle envoie le pâté quelquechose de grave depuis 5 ans disons.
Pour moi ce sont les deux cuisines étrangères les plus excitantes à Paris depuis plusieurs années et ça continue.
Je ne cesse de le dire.
Si vous en voyez une autre aussi emballante dans la capitale, dites-moi. Personnellement je ne vois pas.
Parmi celles que j’aimerais voir se développer à Paris : il y a la cuisine turque (et la cuisine iranienne) et la cuisine thaïlandaise.
On aimerait qu’elles aussi donnent le meilleur d’elles-mêmes et ce, pour toutes les bourses et qu’elles sortent des schémas ultra-convenus.
A bon entendeur!