75011 – Rino …pharyngite (la voix enrouée)


14.07.10 - Guillaume - 716lavie

Rino
46, rue Trousseau
75011 Paris
Tél : 01 48 06 95 85
Fermé Dimanche, Lundi et Mardi midi

La petite histoire
J’avais vraiment été séduit par mon déjeuner à la Gazzetta : le rapport qualité-prix (formule entrée-plat de 16 à 20 euros suivant les suppléments), la qualité de service et l’absence de m’as-tu vu contrairement à ce que je craignais.
Du coup j’étais chaud pour tenter Rino, le resto de poche monté par un ancien de la Gazzetta. Surtout que tout le monde donnait du Rino par-ci, Rino par-là et que la copine napolitaine avec laquelle j’avais mangé à la Gazzetta avait l’habitude de manger à Rome dans le resto de Giovanni Passerini.
Du coup j’imaginais déjà le jeu de mots que j’allais faire. François Simon avait tenté le 4 mai Rino tout sauf féroce tandis que Bruno Verjus l’avait précédé le 25 février avec Rino Féroce justement.
J’anticipais un “Auto Rino”, devinant une formule enlevée, un déroulé sans accrocs, une autoroute du kif.

Bon et bien ce sera une “Rino pharyngite“, rien de grave mais la voix un peu enrouée tout de même.

Précision
J’ai pris le parti sur ce blog d’esquiver les restos qui ne me plaisent pas car ça m’ennuie de descendre une petite entreprise surtout quand on sait que c’est un métier dur et qu’un repas ne reflète parfois pas tout – je dis bien parfois.
Cela étant quand certains restos comme Rino bénéficient d’une presse unanime et que j’expérimente un déjeuner avec quelques notes discordantes jamais mentionnées jusqu’ici, je me permets de le dire car :
1) je ne pense pas que mon blog puisse à lui seul inverser la tendance et faire fuir tous les clients
2) je resterais prudent en me concentrant sur le seul repas tel qu’il s’est déroulé cette fois-là. Je ne remets en aucun cas en doute la qualité de Passerini ou de quiconque d’ailleurs au vu d’un seul repas, qui plus est un menu déjeuner.

Venons-y.

Le restaurant
Un petit resto situé dans une rue calme, ce jour-là c’était ensoleillé et nous étions les 1ers, ça s’annonçait bien.
J’arrive, la personne que je retrouvais était déjà-là (j’avais réservé), elle sortait d’une opération et avait chaud, elle me dit : “je m’étais installé à côté de la fenêtre – ouverte – mais le serveur m’a dit que la table était prise. J’ai dit : “ah bon?, dommage”, le serveur est parti, est revenu et m’a dit finalement que c’était bon”.
Je me dis : tiens, le genre de fait à double tranchant, soit c’est sans importance, la table était réservée et y a pas de koi paranoïer, soit elle l’était pas ou à moitié et c’est un peu faire chier les gens pour rien.
C’est le côté : elle est réservée puis finalement elle l’est plus qui créé le doute.

Le repas
Allez hop à table, nous sommes seuls dans le restaurant.
Le serveur arrive, nous énonce le menu du jour.
Ca s’annonce bien même si on comprend pas tout et que quand on lui demande de répéter, on sent qu’il ne faut pas trop demander quand même.

Je prends une bouteille d’eau gazeuse, le serveur part direct, je lui demande laquelle c’est, “Perrier bleue” me répond-il comme si je posais des questions inutiles. Je me sers, pas fraîche, en plus il faisait une chaleur de dingue.
– Excusez-moi (avec le sourire) mais elle n’est pas très fraîche.
– Ah oui, c’est le frigo qui est trop petit.

Et pas un mot d’excuse ou un truc pour arrondir.

Ok, et si je vous paye la moitié car mon larfeuille est trop petit, ça vous va aussi ?

Là on tombe dans la caricature du serveur a minima qui me gonfle : pas méchant en plus mais ça va pas pour un resto comme ça ou alors il ne faut que des clients qui acceptent de manger sans poser de questions, sans trouver rien à redire aux trucs qui vont pas et de repartir avec le sourire s’il vous plaît. On sent le truc qui a eu tellement de bonnes critiques qu’il manquerait plus qu’un anonyme trouve à redire.
Oui ben sans façons et sûrement pas pour 25 euros le midi.

Le vin arrive, j’avais demandé un verre de blanc. Le serveur va pour me le servir, je demande ce que c’est comme vin, “goûtez d’abord”. Ah ouais ok, on peut aller en boîte aussi si tu veux, on se prend une bouteille de J & B et on se frite avec le barman, à l’ancienne quoi.
Je me chauffe un peu mais cette remarque est une vraie faute de goût.
Moi les serveurs cavaliers, c’est pas mon truc.
Parce qu’aussi ce qui pourrait être marrant c’est de manger et de connaître le prix après, ça pourrait être fun aussi, je sais pas s’il y a pensé.

Entrée
Pétoncles au melon rouge je crois.
C’est sympa, c’est frais, bon, mais ça s’avale comme ça, pas très consistant et pas un goût très marquant. Attendons la suite.

Plat
Carrelet à la purée et aux courgettes jaunes
Ce qui tue le plus? la purée, mortelle ! Le carrelet, pas terrible, pas vraiment de goût, plein d’arêtes, quant aux courgettes jaunes, perso je ne connaissais pas, c’est marrant mais ça ne casse pas trois pattes à un canard.

Dessert
Sympa le dessert, d’ailleurs le signe c’est que je l’avais mangé en oubliant de prendre la photo.
De la banane, une glace, enfin je vous apprends rien, j’essaie de reconstituer en voyant la photo.

Le bilan
On fait le bilan calmement.

Est-ce que c’est mauvais? non !
Est-ce que c’est bon? ce jour-là c’était plus sympa que très bon.
Est-ce que j’y retourne ? ben j’ai été un peu refroidi quand même. Mais il faudrait, un soir avec plus de sous.
Est-ce que c’est juste parce que le serveur était pas très sympa que j’ai pas aimé ? Non, pas seulement, c’est un tout, je m’attendais à être bluffé, je ne l’ai pas été. Soit c’était un simple déjeuner mais quand même.
Est-ce que ça mérite de le descendre ? Ah non, et j’espère que je ne l’ai pas fait. D’ailleurs si tout le monde en parle, c’est que ça doit pouvoir être super bon.

Mais je tenais à dire qu’il faut pouvoir s’attendre aussi à un raté comme ce midi. Disons que ça existe, c’est humain, c’est pas grave mais faut le savoir. Cette fois-là c’était pas juste un truc qui allait pas, y avait plusieurs trucs qui te refroidissaient.

On a payé 60 euros pour 2, avec 2 entrées, 2 plats, 1 dessert, deux verres de vin, deux cafés.
C’est pas excessif dans l’absolu mais si la personne ne sait pas qui est le chef, débarque ici à l’improviste et tombe sur ce repas, elle pourrait être un peu déçue.

Voilà.

Et là vu que je suis lancé, je vais en placer une pour le Caffe dei Cioppi.

Tout le monde n’avait que ce mot à la bouche il y a quelques mois.
J’ai un pote dont j’ai déjà parlé ici qui est un peu un écrémeur à hype, dès que ça se la joue dans l’assiette, il a des boutons.
En plus c’est un spécialiste de la cuisine italienne pour avoir été un nombre incalculable de fois en Italie checker de l’auberge cachée et de la trattoria en compagnie de sa douce.
Un jour il me dit “j’ai fait le Caffe Dei Cioppi” : de la bombe. Ah je me dis, tiens, je vais me le tenter.

Un soir on y va à 3 et voici la chronique que j’avais écrite pour Yelp :

“Au risque d’aller un peu à contre-courant des louanges unanimes sur Dei Cioppi, je dois dire que je n’ai pas été renversé. En fait un ami à moi, hyper dur sur les italiens car étant parti en Italie quasiment chaque année et ayant envoyé de la trattoria locale à tire-larigot, m’avait chaudement recommandé le Caffe Dei Cioppi et en avait même fait sa découverte de l’année.

Du coup, c’est franchement guilleret et confiant que j’allais y manger. J’avais fait la résa, on s’était parlé gentiment avec la patronne, pas de problèmes. En arrivant à l’heure dite, pas de tables, on nous demande de repasser. Ok, pas de soucis si c’est demandé avec les formes. Là on ne peut pas dire que c’était mal demandé mais il n’y avait pas une vibe super cool non plus. Bon on se dit, ok ils sont fatigués, c’est la fin de semaine.

On revient 20 min. après, et là aucun mot histoire de signifier qu’ils sont conscients qu’on a dû poireauter 20 minutes, on ne demande pas des excuses mais une petite attention est toujours la bienvenue. J’imagine des gens qui viennent de banlieue, qui ont déjà 45 minutes de transport dans les pattes et qui ont dans leur viseur le dernier RER à 00h30 – ça a été mon cas des années, je sais de quoi je parle, c’est tout de suite plus lourd.

Ok on attaque la carte : entrée nickel, charcut’ au taquet. Puis les plats, risotto à la saucisse pour moi, 16 euros : super mais fini en moins de 2, très peu servi.
Quant à mes potes, ils ont trouvé les pâtes servies avec moins d’herbes que les autres fois, un peu plus chiches et un peu trop salées.
Ok je dis au chef que c’était super bon mais que diable j’ai encore super faim.
Il me dit : ok, je te fais autre chose, qu’est-ce que tu veux?, sympa.
Je lui dis : ben je vais reprendre la même chose, car c’était bon, c’est juste qu’il m’en manquait. Hop, c’est reparti pour un risotto, que je termine super vite aussi. Bon je passe à l’addition direct, les deux risottos étaient comptés, j’en ai eu pour 32 euros rien que pour manger un plat à ma faim et ça a cassé la vibe. Le pote qui m’accompagnait a trouvé qu’entre ses deux visites et celle-ci il y avait eu comme un changement de rythme, sans doute devant le succès.

Alors oui c’est bon, il faut saluer ce type d’initiatives qui défend la trattoria à l’italienne à Paris (c’est tellement rare) mais je me devais d’émettre une réserve à l’emballement général, au vu de ma visite.”

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