Le Menhir toujours debout – Paris (75015)


12.04.18 - Guillaume - 716lavie
Le Menhir
11, boulevard Pasteur
75015 Paris
01 45 67 14 85
Ouvert du lundi au vendredi midi
Bus : Sèvres - Lecourbe (39, 70)
Métro : Sèvres - Lecourbe (6)
- Le résumé -

Cette brasserie est restée dans son (bon) jus : la clientèle se comporte simplement, alors que le quartier est chic, le couple de propriétaires est « nature », la cuisine aussi et enfin les prix très raisonnables. Une bonne adresse 716, de celles dures à dénicher.

 

- La petite histoire -

Celui-là je l’ai découvert en passant devant en scooter, il m’a interpellé par sa devanture simple et tout de même élégante, sa carte des sandwiches affichée au dehors, ça sentait le bon sandwich sans fioritures. Il y avait deux avis positifs sur Yelp et un sur google. J’y suis venu un soir vers 20h, mais le patron fermait. Qu’à cela ne tienne, j’y suis revenu deux jours après pour un déjeuner.

Au risque de me répéter, en tant que découvreur gastronomique, les bistrots parisiens sont le type d’établissements qu’il est le plus dur d’identifier :

– ils sont la plupart du temps  hors des radars médiatiques, sauf à être repris par une équipe tendance, ou alors s’ils sont dans un registre de brasserie un peu plus cossu qu’un simple bistrot. Quand ils sont simples et bons avec un accueil agréable, c’est plus compliqué. Regardez l’engouement qu’il y a eu sur le Petit Bar dernièrement, cette adresse qui existe depuis 50 ans n’avait pas eu de papier depuis 10 ans, à part sur le Routard qui l’a toujours recommandé et sur 716lavie. François Simon était venu ensuite, puis plus récemment, ce ne sont pas moins de 5 médias : Libé, France Bleu, Le Figaro, Le Fooding. Bref, comme quoi ces adresses sont dures à repérer, ignorées quand ce n’est pas dénigrées et quand elles passent finalement dans le tamis médiatique, c’est la bousculade, allez savoir…

– deuxio, il ne suffit pas d’être un bistrot tradi à Paris pour être bon. Ils proposent souvent la même carte à quelques variantes près. On va donc s’attacher à la qualité des pommes de terre / frites (sont-elles maison? bien cuites?), aux haricots verts (frais? sans goût?), à la qualité de la viande et de sa cuisson, aux charcuteries, fromages, aux desserts, etc…

– tertio, l’ambiance. Oui on aime les adresses sans chichis, mais on aime aussi celles dans lesquelles on se sent bien. C’est aussi le talent du ou de la propriétaire d’un bistrot : mettre les gens à l’aise, les inciter à consommer sans forcer.

- Lieu -

Le bistrot a un cachet pas possible et un emplacement de dingue. Imaginez-vous, vous êtes au début du boulevard Pasteur, côté Invalides donc, avec une terrasse isolée et une vue sur le dôme des Invalides justement. Autant vous dire que le jour où les patrons vont partir, ça va être une juteuse affaire ici. Espérons juste qu’on garde encore un peu de cet esprit et que ça ne devienne pas hors de prix, ni hautain dans l’attitude. Bon il y a encore une caisse en plastique sur la table de fond avec des affaires dedans et un drap dessus, mais ces détails signent aussi la simplicité du lieu.

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Quand je vois une table dressée de la sorte avec les petits pots de moutarde et de sel, je fonds, car je sais que ça ne rigole pas.

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- L'équipe -

La brasserie est aux mains des patrons depuis 1980, bientôt 40 ans. La patronne est bretonne, d’où le nom du resto, le drapeau breton et sans doute aussi la proximité avec la gare Montparnasse, point d’arrivée de l’émigration bretonne.

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- Le repas -

Ca s’appelle le Menhir, mais la cuisine n’est pas bretonne. Voilà les plats du jour, simples et de bon goût et il est précisé que toutes les viandes sont françaises.

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La carte pour vous donner une idée plus précise

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Allez on attaque avec un pâté de campagne à 5 euros, my god, c’est servi généreusement et le pâté n’est pas du style papier à cigarettes, y a de la tranchasse, et deux monsieur!

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Saucisson à l’ail solide aussi, j’avais du mal à enlever le fil qui l’entoure mais ce n’est pas grave. Et la dose de beurre avec, maousse.IMG_2955

Bon le rôti, on aurait pu lui enlever sa corde, mais il est comme à la maison avec sa tomate, son jus de cuissons. Là encore il est servi généreusement et les haricots verts font bonne figure.

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Vient ma bavette, j’avoue que j’étais plus sceptique sur ce qu’on allait me servir car rares sont ceux à bien cuire une bavette saignante comme je l’avais demandé. Elle était impeccablement cuite, avec une belle tombée d’échalotes, il y avait juste le bout du morceau de viande qui était trop nerveux. Je l’ai montré à la dame quand elle est venue débarrasser la table, elle était à l’écoute et ne s’est pas braquée. Elle m’a expliqué que ça arrivait sur la partie nerveuse du morceau, qu’elle pouvait me recuire un autre morceau, j’ai dit non, que ça allait. J’avais déjà bien mangé et son attention avait suffi à me faire oublier cette petite partie de viande que je n’avais pas pu manger.

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Allez un Coulommiers avec ça, 4,50 euros, les allergiques aux produits laitiers réservez votre chambre à l’hosto.

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- Le bilan -

Je suis très heureux de l’avoir découvert, il n’y a qu’un travail de fourmi acharnée qui permet de « lever » ces pépites. Même si l’ambiance est un peu tristoune car calme, l’authenticité du lieu qui se retrouve dans le sérieux de la prestation, me touche, beaucoup.