Le résumé
Excellent rapport qualité-prix pour ce resto japonais à Saint-Michel tenu par un ancien d’Abri.
La petite histoire
Je dois cette adresse à Emmanuel Rubin qui l’a mentionnée dans Le Figaro comme un des 3 restaurants à découvrir en décembre 2025. Depuis 2008 que j’anime le blog et même avant quand je cherchais déjà de bons restos, j’ai à plusieurs reprises trouvé une bonne pioche japonaise dans le Figaro donc je regarde toujours histoire de.
Le lieu
J’arrive dans la rue Suger après être sorti de Saint-Michel, elle est sombre, google maps m’indique que la porte est toute proche sur la droite mais je ne vois aucune enseigne, je suis surpris. J’ai compris plus en tard en ressortant, ils n’avaient pas encore allumé l’enseigne à ce moment-là ce qui fait que vraiment avant d’arriver à sa hauteur on ne distinguait rien. Là ça faisait caverne ou boutique de location skis en station 🙂 (elles sont souvent en contrebas). Bref, c’était original et sympa mais en revanche pas adapté aux PMR.

Une fois sur place, j’ai vite aimé l’ambiance, c’est assez chic mais pas snob, disons cosy et élégant mais calme, j’ai apprécié l’accueil, le service, ça ne se la pète pas, on les sent bien et on est bien.
Il faut tout de même savoir qu’il y a deux salles : dans la 1ère, c’est totalement à la japonaise avec un mélange de tables avec chaises, de banquettes basse face à table basse et de chaises face au comptoir, dans la 2ème en revanche c’est une disposition classique de tables avec chaises mais ce soir-là il n’y avait personne dans cette salle bien que la réservation ne nous offrait qu’un créneau horaire à ce moment-là; peut-être qu’ils n’ouvrent pas toujours la 2ème salle ou qu’ils attendent d’avoir beaucoup de monde. Tout ça pour dire que les personnes qui n’aiment pas être assises ailleurs que sur des tables avec chaises doivent être prévenues et peut-être s’assurer au moment de la réservation qu’elles peuvent avoir ces places.

Chez Muku, il y a la cuisine, l’équipe et ce cadre unique qui fait qu’on se sent complètement au Japon tout en étant dans un immeuble historique, dans cette pièce en sous-bassement de la rue avec d’énormes poutres apparentes.
Ca et le fait qu’on puisse arriver jusqu’à 21h30 (en ayant réservé) contribue au voyage, à ce moment parenthèse dans la ville dont on s’extrait pour du kif au calme mais à la fois vivant.


L’équipe
J’ai compris après en regardant leur site que le chef, Ryota Suzuki, est un ancien de feu Abri dans le 10ème (l’ancien chef principal d’Abri, Katsuaki Okiyama a monté depuis Minore dans le 9 avec le bartender Hugo Combe). Le site de Muku précise bien l’esprit du lieu : « Ryota vous accueille avec simplicité, dans une atmosphère conviviale et sincère. Il vous invite à découvrir l’art de l’Izakaya : des plats à partager, faits maison, inspirés par les saisons. » J’espère qu’il ne m’en voudra pas d’avoir pris une photo de lui en train de boire une bière, ça s’est fait comme ça et après tout, pourquoi diable le chef ne pourrait pas boire une bonne pinte à l’heure de l’apéro? Ils étaient donc deux en cuisine et en salle deux, elles étaient très douées j’ai trouvé, sympas et précises dans le service et les conseils.

Le repas
3ème repas, un dîner en octobre 2026
On était trois, on a pris quasiment toutes les entrées dispos qu’on s’est partagé, un plat chacun, 2 pintes de Kirin chacun, un dessert chacun : 60€ par tête, très bien!


Daikon salade : salade de radis blanc à la vinaigrette de Shiso, feuille de bonite

Salade d’algues wakame

Potesara Ajitama : Salade de pomme de terre japonaise avec Ajitama 7 €

Chawan mushi : Flan salé garni poulet, champignon, crevette, noix de ginko 10 €

Kani Cream Korokké : Croquettes fondantes à la crème et chair de crabes 12 €

Zensai Moriawasé : Assortiment de hors d’oeuvre du jour (3 différents ) 10 €

Kakuni au vin rouge : Poitrine de porc mijoté au vin rouge avec des épices 17 €

Gindara Saikyo Yaki: Morue charbonnière macéré au miso Saikyo, grillé 19 €

Sashimi Moriawase : Assortiment de tranches de poisson 25 €

Une boule de Glace au Sésame noir avec riz soufflé caramélisé 6 €

Riz au lait “Kuromitsu-Kinako” : crumble au sésame noir, sirop de sucre canne et poudre de soja grillé 9 €

2ème repas en mars 2026
Cette fois-ci c’était un midi pour profiter de leur menu déjeuner.
La carte pourrait être plus propre. En tout cas les formules déjeuner avec soupe miso, zensai (entrée) et plat autour de 20-25€ font envie. Nous sommes partis sur un Sashimi Moriawasé et un Chirashi MUKU spécial.

On commence avec une zensai (entrée), ici du poulet avec des pommes de terre et du chou, j’ai aimé, 1) cela change des entrées habituelles dans un resto japonais, 2) j’aime bien quand les japonais nous montrent comment ils font les plats mijotés et réconfortants à leur façon.

Sashimi Moriawasé avec thon et saumon

Chirashi MUKU Spécial, excellent et c’est rare de trouver cette qualité sur Paris pour ce prix (25 le menu) avec en plus une pinte de Kirin à 7€, j’adore ce prix.

Avec tout ça on s’est laissé tenter par le dessert, une mousse au chocolat Yusu avec poire au sirop de whisky « Toki »


9€ le prix est très sympa pour un dessert simple mais bien vu.

1er repas en janvier 2026
En fait au départ, j’avais cru que les sushis du chef à 29 étaient en nombre habituel et j’avais donc trouvé ça un très bon prix pour d’excellents sushis. En fait une fois que nous les avons commandés, j’ai réalisé qu’ils n’étaient que 5, ce qui fait cher pour des sushis, mais ils étaient tellement délicieux et la bière pas chère que nous avons décidé de choquer la grand voile et d’exploser le budget. En effet au départ, nous devions juste manger un bout avant d’aller au cinéma.


Parlons donc tout de suite de la bière car je viens de l’évoquer et c’est un élément essentiel selon moi, à fortiori dans une izakaya conçue pour boire tout en picorant diverses assiettes. Ici la pinte de Kirin est à 7,5€ en plein quartier Saint-Michel, le soir et hors toute formule, ça, ça montre clairement que l’équipe a fait le choix d’être cool et de permettre de kiffer sans se ruiner; quand on voit que nombre de ramen la proposent désormais à 9 et le demi à 5.


En revanche je trouve les vins au verre trop chers, 10€ le verre de blanc, 12€ de orange, on n’est pas du tout dans le même esprit que pour la bière. Qu’il y ait des verres à ce prix-là aucun soucis, mais il faudrait une entrée de gamme à 8, ce serait top. Pareil une bouteille dans les 35 en premier prix serait bienvenue. Je comprends qu’ils ne puissent pas tout maîtriser mais on aurait tellement envie d’une courte carte de vins nature ou apparentés, bien sentie, qui donne envie de se lâcher.

Donc venons-en à la carte car beaucoup de choses font envie.


Nous avons commencé par accompagner nos sushis de Kani Cream Korokké : des croquettes fondantes à la crème et à la chair de crabe, très bonnes, généreuses et fines, mais qui manquaient un peu de gourmandise selon moi, je n’ai pas vraiment senti le crabe par exemple. 12€

Puis la potesara ajitama : salade de pommes de terre, oignons, lardons avec œuf, nickel et simple 7€

Ensuite j’ai capté en parlant à une table de 4 voisine de la nôtre (dont 3 japonais), ils n’avaient pas pris de sushis mais plutôt un ensemble de tapas/plats dont leur conseil, le Zensai Moriawasé, assortiment de 3 hors d’oeuvres du jour. C’était merveilleux et gourmand 10€, je pense qu’il y en avait deux ici, ils avaient doublé pour deux personnes, le poulet était fantastique.

Enfin nous nous sommes laissés tenter par la Gindara Saykio Yaki : morue charbonnière macérée au miso Saikyo puis grillée, excellente 19€
J’ai d’ailleurs appris grâce a une des deux serveuses que ce plat que je croyais rare devient de plus en plus courant à Paris, elle m’a cité notamment deux autres restos qui le proposent : Ryo et Takara tous deux dans le 2ème.

On a lâché 138€ à 2 mais quel plaisir! Donc pas donné mais le combo cadre/ambiance/service/cuisine est top. Intimiste et gourmand.
Le bilan
A voir sur le long terme s’ils arrivent à avoir un service aussi homogène en qualité que la cuisine.
8 Rue Suger 75006 Paris

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