Auguste – Paris (75007)


11.02.11 - Guillaume
Auguste
54, rue de Bourgogne
75007 Paris
01 45 51 61 09
Fermé Samedi et Dimanche
Métro : Varenne
- Le résumé -

Un restaurant certes pas donné en plein coeur du 7ème politique mais le repas était délicieux et le service attentionné. L’équipe sérieuse et pas ramenarde contrebalance le côté gratin politico-médiatique d’une certaine partie de la clientèle. Cela étant le jour de notre déjeuner, ça allait. Je suppose que c’est plus tranquille le soir.
Nous nous sommes fait plaisir à la carte et l’addition a donc pris de l’altitude (80 euros par tête) mais il y avait une formule déjeuner entrée-plat-dessert à 35 euros qui m’a paru super honnête.
Nous nous sommes r-é-g-a-l-é-s et le service fut parfait. Vous me direz « pour ce prix-là vous pouvez », j’ai envie de dire « oui mais à Paris ce n’est pas parce que c’est cher que c’est bon et sympa ». Dans l’assiette ce jour-là c’était vraiment royal et jusqu’au soir mon estomac fut détendu et heureux comme le corps d’une princesse égyptienne après un hammam de compétition.
Je tiens aussi à préciser que sur ce blog je parle des adresses dans lesquelles je m’y retrouve question qualité de cuisine et chaleur de l’accueil et qu’à partir du moment où j’estime en avoir pour mon argent je ne fais aucune discrimination dans un sens comme dans l’autre, que ce soit vis-à-vis des petites adresses sans chichis ou celles d’un standing plus élevé.

- Le lieu -

  La configuration est originale, une 1ère salle avec quelques tables rondes puis à gauche une salle en longueur dans laquelle on trouve une rangée de tables contre un mur et quelques autres collées contre le mur opposé.

C’est capitonné, on se sent tout de suite au chaud et à l’écart de la rue. Les tons sont plutôt mats mais cela reste vivant, sans doute à cause du monde aussi.
La banquette contre le mur était très confortable et la chaise aussi.
Nous avons eu la chance d’avoir la table en bout de rangée, celle la plus proche de la fenêtre. Outre le fait que nous avions le plus de lumière, cela nous permettait aussi de ne pas être encadrés de part et d’autres par des voisins.
Nous sommes arrivés parmi les premiers mais cela s’est vite rempli jusqu’à être plein. Nous avons eu la chance de ne pas avoir de voisins bruyants, il y a bien eu une table de 4 à l’autre bout de la rangée qui a parlé fort à un moment jusqu’à créer un début de brouaha mais ça s’est vite tassé.

Je ne sais pas comment la configuration des lieux résisterait à une hausse des décibels dans le cas où il y aurait des gros lourds.

La petite histoire 1

Chrisoscope l’avait mentionné dans le Top 5 qu’il avait concocté pour 716 l’année dernière et cette année il l’a remis dans sa sélection des valeurs sûres de 2010 publiée sur son site. Du coup je me doutais que l’on avait à faire à une adresse solide dans l’assiette et pas prétentieuse dans l’esprit. J’avais envie d’y aller depuis un moment mais le quartier et le prix à la carte faisaient que ce n’était pas évident de s’y pointer sur un coup de tête. L’occasion de fêter quelque chose en fut le motif parfait et m’y voilà un midi après avoir réservé deux jours avant.

- L'équipe -

Je l’ai dit plus haut: l’équipe est sérieuse et pas ramenarde.

- Le menu -

 La photo du menu déjeuner est en bas. Le seul point noir de cette carte c’est le prix du vin au verre : 9 ou à 10 euros. Autant les prix des plats, et surtout ceux des entrées sont élevés mais ça peut se comprendre, autant il n’y a pas de raisons pour ne pas proposer au moins un verre à 7 euros, franchement.

Entrée
Croustillants de langoustines de Saint Guénolé à la menthe (avec une sauce carotte acidulée), bavarois de carottes, balsamico di Modena

Sans m’étaler sur ma vie, j’ai des attaches du côté de Saint Guénolé, du coup je connais par coeur les langoustines qu’on y trouve. Dans les restaurants parisiens c’est un plat de luxe mais il m’est arrivé de préférer mes langoustines simplement cuites à l’eau et dégustées avec une mayonnaise maison et du beurre demi-sel à certaines préparations sophistiquées qui me paraissaient étouffer leur goût. Ce n’est pas du snobisme, c’est juste pour expliquer le rapport que j’ai à ce plat.
Là, un certain allant et l’envie de faire confiance nous ont donné envie de nous jeter tête baissée, et nous avons bien fait.

Les langoustines sont bien cuites, tendres mais pas étouffées, elles sont là, elles ont réussi à garder un peu de leur goût iodé et une tendresse de chair caractéristique. La friture est légère et craquante, tout s’équilibre bien. Il y avait un aller-retour entre la sauce carotte acidulée posée sous les croustillants à la menthe et le balsamique associé au bavarois de carottes de l’autre. Pour simplifier, un va-et-vient salé-sucré. J’aurais peut-être renforcé un tout petit peu le côté sucré, voilà c’est dit :). Mais ça c’est du pinaillage de chronique, le fait est que j’ai adoré cette ouverture.

Plats

Morceaux de lieu noir pochés au citron vert et lait de coco, oignons doux des Cévennes au gingembre, coques et haricots verts

Ce n’est pas moi qui l’ai mangé, j’en ai goûté un bout cela étant : poisson cuit impeccablement, lait de coco et citron vert sont présents mais ne ils surjouent pas non plus, ils soulignent les saveurs.

 Bar de ligne de Bretagne, chantilly de potiron, chutney et coulis de mandarines

Il y avait aussi de la truffe blanche et de la truffe noire sur le dessus.

Carton plein madame la marquise. Même la truffe qui a souvent tendance à me gonfler (je ne suis pas dingue du goût et je ne vois pas toujours l’intérêt) fut accueillie avec bonheur. Il faut dire que l’idée de la poser façon crumble par-dessus – je ne sais pas si elles avaient été revenues très rapidement à la poêle pour leur donner ce côté grillé – était judicieuse.
Déjà pour commencer, le poisson était cuit à la perfection. La chantilly de potiron offrait un tapis agréable, ni trop mou, ni trop lourd et le goût discret du potiron était rehaussé par le caractère percutant de la mandarine.

Vraiment très beau. 38 euros soit mais ça les vaut.

La petite histoire 2
Quand j’ai évoqué ce repas à Chrisoscope, il m’a fait passer le lien d’une chronique en me disant « apparemment tout le monde n’aime pas ». J’ai lu cette chronique de Patrica Wells dans laquelle elle mentionne un bar sur une purée de « pumpkin » et regrette que ça n’ait pas de goût.
Je me suis dit que ce devait être mon plat mais en même temps elle ne mentionnait ni le chutney de mandarines ni la truffe. Bref, tout ça pour dire que je pensais qu’elle parlait peut-être d’une version précédente du plat : le chef, face aux critiques, aurait arrangé l’assiette en y ajoutant de la mandarine et de la truffe afin de rehausser le tout ?
Et bien non !, en regardant la date de cette chronique, j’ai vu qu’elle correspondait au jour de ma visite. Et lorsque j’ai trouvé une photo de cette personne, je suis quasiment convaincu qu’elle était assise à la table qui me faisait face.

Voilà, j’ai juste trouvé ça drôle que nous soyons deux à avoir mangé le même plat le même jour dans le même restaurant et qu’au final nous fassions deux chroniques bien différentes.


Dessert
Tarte tatin de bananes, condiments épicés
Sorbet au fromage blanc et thym citron

C’était bien, pas tout à fait du niveau de mon plat mais après tout, du moment que c’est bon ! Il m’a manqué de la glace, j’en étais à peine à la moitié de ma tarte et j’avais déjà fini ma glace. Lorsque la serveuse est venue demander si tout se passait bien, je lui ai dit gentiment qu’un peu plus de glace m’aurait aidé à finir ma tarte. Elle m’a proposé de suite de m’en rapporter et ce fut fait dans les 3 minutes. Classe.

- Le bilan -

On fait le bilan calmement, comme toujours :)
Comme dans le pitch de cet article, je vais ici tout autant évoquer mon enthousiasme que faire quelques observations « méthodologiques ».
Commençons par la méthodo, comme ça on finira sur la bonne vibe, c’est quand même ça qui compte.
 
Méthodo
L’un des points faibles de ce blog c’est que je n’ai parfois fait qu’une visite pour certains restaurants dont je parle. Un service peut-être raté pour diverses raisons et c’est l’un des nombreux motifs pour lesquels j’ai choisi de ne pas incendier de restaurants ici, je préfère tout implement ne pas en parler. Mais à contrario, on peut s’emballer sur un repas et négliger certains points.
Concernant Auguste, je dirais ceci :
Les éventuels points négatifs pourraient venir à mon avis du niveau sonore trop élevé ou de la présence à vos côtés de gens un peu trop « gratinés ». Et si le menu à 35 euros expose peu à une déception dramatique, c’est sûr qu’en mettant beaucoup plus à la carte, on en sera d’autant plus exigeant sur les à-côtés.
 
Bonne vibe
Soit, j’avais quelque chose à fêter et j’étais donc de bonne humeur, disposé à me faire plaisir mais ce n’est pas pour ça que n’importe quoi m’aurait satisfait.
Ce jour-là c’était parfait. Oui nous avons eu la table du bout près de la fenêtre, oui nous avons eu cette serveuse absolument parfaite. Mais dans l’assiette, ça suivait ! Quel repas !
C’est simple, je n’en ai pas fait beaucoup de ce niveau dernièrement.
Affaire à suivre.
En tout cas, si vous prévoyez une sortie au musée Rodin avec une personne qui vous est chère et que vous avez envie de marquer le coup, coupler la visite avec un déjeuner à 35 euros chez Auguste peut être une bonne idée !
Et si vous êtes dans le coin et que vous avez envie de marquer le coup un soir, gardez Auguste dans un coin de votre tête.