Pho Tai – Paris (75013)


10.12.12 - Guillaume
Phô Tai
13, rue Philibert Lucot
75013 Paris
01 45 85 97 36
Fermé le mercredi
Métro : Porte de Choisy
- Le résumé -

Un resto asiat’ de plus qui déboîte dans cette rue Philibert Lucot que j’aime décidément beaucoup : il y mon cher Yuan Xin et au bout de la rue – un cran en-dessous mais bon esprit aussi – Hang Meas.

Pour revenir à Pho Tai, ma 1ère visite était idéale, je dois y retourner pour tempérer mon jugement… ou pas.
Note : un ami a été au Pho Tai d’en face qui appartient à la même famille et a été déçu par une marmite de canard à la mangue, je pense qu’il faut se cantonner aux plats vietnamiens tradis ici genre porc au caramel ou Phô.

- Le lieu -

Il est hyper cosy, il fait bien chaud, c’est bas de plafond, on est bien coupé de la rue, top.
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(note : je n’arrivais pas à prendre une photo correcte de la façade alors j’ai pris celle de Pho Tai Tai juste en face, c’est la même maison)

La petite histoire
– Le Figaroscope
Il est arrivé en tête du classement par le Figaroscope des meilleurs bobuns de Paris et c’est ce qui m’a donné l’envie de venir en manger un aussi.
J’ai longuement décrit sur 716 la bobunite aïgue, cette tendance qu’ont certaines personnes à dire systématiquement « le meilleur » dès qu’elles parlent d’un resto à bobun.
C’est simple, j’ai rarement entendu qquun me parler tranquillement de bobun, sans avoir besoin de dire sur un ton hystérique que c’est le meilleur de Paris, c’en est tellement attendu et ridicule que j’en viens à me dire que le bobun est le plat sur lequel il est le plus facile d’avoir un avis sans rien y connaître.
Le bobun est un plat plus compliqué qu’il n’y paraît et ce n’est pas une amie chef d’origine vietnamienne qui me contredira : comme pour le burger, la cuisson, la juxtaposition des températures et des textures et la sauce importent autant que la qualité des ingrédients. Non il ne s’agit pas juste de jeter deux bouts de boeuf et quatre bouts de nem sur une laitue mélangée à des pâtes de riz.
Bon bref, quand j’ai vu que le Figaroscope avait fait un classement des meilleurs bobuns, je me suis dit : cool, on va voir comment ils traitent l’affaire.
Pho Tai est arrivé en 1er et cela fait plaisir de voir un restaurant asiatique authentique du 13 arriver en pole position.
Jusqu’à il y a peu, c’était terrifiant : il y avait chez certains journalistes/bloggueurs une capacité balèze à s’astiquer dès que de la cuisine asiatique était proposée par un resto non-asiatique et en même temps une fâcheuse tendance à ignorer voire à mépriser tout ce qui venait du 13ème.
C’en était à croire que le 13 était réduit à un amoncellement de gargottes sales sur lesquelles il ne fallait jamais se pencher : une honte et la preuve que pas mal de spécialistes de bouffe ne lèvent pas le nez de la liste de restos dont il faut parler.

– Le 13ème
C’est sûr qu’il y a du déchet dans le 13 : beaucoup de cantines anonymes et pas toujours sympathiques ni même particulièrement goûtues. Alors ça prend plus de temps pour faire le tri, se faire le goût aussi, choper les nuances.
Parfois d’ailleurs les guides les plus célèbres recommandent les restos les moins bons comme le Michelin qui a tamponné l’Impérial Choisy alors que c’est de la caille en boîte : accueil pas sympa, impersonnel et gluten à tous les étages (j’ai eu un mal de tête ce soir-là comme jamais) et surtout ce n’est pas bon. A croire qu’ils l’ont célébré pour son décor qui a l’air plus classe que celui des autres, en tout cas ils ont complètement foiré leur tir.
Je ne m’autoproclame pas spécialiste du 13ème – ni de la cuisine asiatique – loin s’en faut, mais pour y avoir pas mal été, avoir pris le temps de fouiner, de questionner, d’écouter, je repère vite le mépris chez certains foodies quand j’évoque des tables du quartier. On les emmerde c’est ça qui compte et surtout on aime la bonne boustifaille et y a que ça qui vaille pour notre estomac qui se contrefout de la hype, lui.
Je pense que c’est donc très bien que le Figaroscope recommande Lao Thai en 1er et mette Tricotin en 2ème, un resto que je n’aime pas (trop grande carte, trop impersonnel) mais qui est une institution du 13.
Enfin le Cambodge est 11ème ex-aequo, ça fait du bien de ne pas le voir dans le top 10, raz-le-bol de tous ces top foireux qui s’extasient sur le Cambodge comme si c’était THE adresse.
C’est pas que c’est pas bien mais il n’y a pas de quoi se palucher. Et si tu veux pas voir d’asiatiques parmi les clients, vas-y, y en a pas.

– L’accueil sympa
Récemment j’ai senti un accueil hyper sympa dans différents restos ou bars que j’ai fréquentés, à croire que là aussi, on y arrive : la gentillesse et la bonne énergie sont perçues comme des valeurs humaine, et commerciales, à ne pas négliger.
Là aussi, on ne peut pas dire que 716n’ait pas insisté dessus.

- L'équipe -

Ce soir-là nous venions de prendre un cocktail au Coq et sur les coups de 22h10 une dalle de loup surgit du bosquet. Coup de fil à Pho Tai : « si on est là à 22h25, c’est jouable? », « ok venez ». Cool, ça part bien.

Souvent les restaurants asiatiques du 13 bossent dur toute la journée et donc ne plaisantent pas avec l’heure de fermeture.
Lorsque nous avons déboulé, il n’y avait qu’une table de deux, le patron était assis à la table centrale comme un boss, avec son gilet de cuir et sa petite boucle d’oreille, en train de mater un truc sur son mini ordi : classe. Et super sympa.
Sa femme nous a accueilli de manière hyper cool et hop nous voilà assis. On nous avait mis contre l’aquarium, sympa, sauf que je me sentais serré, on peut bouger? oui bien sûr, et hop!
Nous avons été servis par un jeune homme et une jeune femme cools eux aussi.
On voit que c’est sérieux, nous n’étions plus que 4 clients et il y avait encore 4 personnes en salle qui sont restées jusqu’à ce que nous ayons fini.

- Le menu -

Ce fut simple et vite fait : un bobun, une Saïgon et un Chanh Bao Luong.

Le bobun est très bien.
Ce plat ne me rend pas fou d’une manière générale mais là je l’ai trouvé très bien.


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Le Chanh Bao Luong, traduit par « boisson glacée aux céréales et aux fruits » passe aussi très bien.
Le patron nous explique qu’on en trouve partout au Vietnam, qu’il aide à guérir les aphtes dûs au piment notamment.
Bien, pas fou mais bon, bien, je n’en attendais pas plus.

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- Le bilan -

Ce soir-là l’ambiance, l’accueil, la cuisine, tout y était. Comme quoi cette rue Philbert Lucot à l’écart des flots des avenues de Choisy et d’Ivry draine son public de connaisseurs et les restos sont sérieux et relax ici.
A refaire, c’est clair.