L’Etoile de Tiznit – Ville d’Avray (92410)


25.02.19 - Guillaume - 716lavie
L'Etoile de Tiznit
54 Rue de Saint-Cloud
92410 Ville-d'Avray
01 47 09 16 62
Ouvert du mardi au dimanche midi et soir
Bus : Mairie de Ville d'Avry (Navette Monastère), Corot (471)
- Le résumé -

Voilà un couscous comme je les aime, chic mais bon. La viande est divine, la semoule aussi, il vous donne par ailleurs l’occasion d’aller vous promener autour des étangs de Ville d’Avry,  aussi appelés étangs de Corot depuis que le peintre les a immortalisés sur toile ou dans la forêt domaniale de Fausses-Reposes.

Ci-dessous : Jean-Baptiste Camille Corot, “Ville d’Avray, l’étang au boulot devant les villas” 1872-1873

- La petite histoire -

C’est la même personne qui m’avait conseillé le Ténéré à Boulogne et les deux ont des points communs dans leur registre sérieux et classe. C’est vrai qu’à Paris il y a de bons couscous, beaucoup de corrects et très peu d’excellents; et souvent les chers perdent en authenticité question accueil et état d’esprit. Quand vous demandez à un(e) ami(e) d’origine maghrébine, il/elle vous répondra toujours que le meilleur est chez sa mère. Du coup, il faut bien reconnaître que souvent on mange des couscous qui sont bons mais pas mémorables.

Celui-là je l’avais depuis au moins 6 ans dans ma liste, la manière dont cette personne m’avait convaincu d’y aller mais encore fallait-il trouver l’occasion d’aller à Ville d’Avray et puis avoir les moyens aussi car lorsqu’on est juste, on met de côté des couscous à 20 euros.

La semaine dernière, une personne de mon réseau gastronomique a demandé où manger une spécialité en Ile de France, je ne me souviens plus de laquelle. Une autre personne a alors conseillé le restaurant étoilé Le Corot qui appartient à l’hôtel Les Etangs de Corot situé dans le lieu du même nom. Je ne connaissais ni le restaurant ni l’étang alors je suis allé voir. L’étoilé était trop cher pour moi mais l’hôtel avait aussi le Bistrot des Artistes (40 euros E/P/D). J’étais à moitié tenté, en même temps j’avais regardé sur une carte et m’étais rendu compte que l’Etoile de Tiznit était juste à côté, que je n’avais pas de visites guidées prévues ce dimanche, qu’il allait faire beau, allez hop! Résa à l’Etoile faite et en avant.

- Lieu -

De l’extérieur ça ne paie pas de mine tant que ça. J’imaginais une devanture plus chic mais ça ne m’a pas dérangé.

Une fois à l’intérieur, la 1ère salle a un peu de lumière car elle donne sur la rue, en revanche la salle du fond où on nous avait réservé une table pour deux tranquille comme demandé était beaucoup trop sombre, dans l’absolu et encore plus par ce magnifique dimanche ensoleillé de février. Heureusement la serveuse nous a alors proposé l’étage et là banco, plein soleil et un décor marocain, c’est ça qu’on veut.

Tiznit est une ville à 1h au sud d’Agadir, on la considère comme la capitale des berbères dixit la fille du patron.

- L'équipe -

Au début j’ai eu un peu peur car le papa qui est venu vers nous n’avait pas le sourire et j’ai eu peur d’un truc snob qui soit peu ouvert aux clients venus d’ailleurs. Heureusement sa fille était souriante et agréable, nature et c’est elle qui s’est occupée de nous tout du long. A la fin nous avons eu le droit à un au revoir chaleureux du paternel.

Le restaurant a été créé il y a 29 ans par le grand-père et son fils, aujourd’hui c’est donc le fils et ses deux enfants, sa fille et son fils, qui tiennent la boutique. J’ai apprécié le fait que la fille qui nous servait répondait aux questions sans ambages. Quand je lui ai fait remarquer que tout était excellent, mais que je trouvais le bouillon un peu trop léger, elle m’a répondu : “c’est drôle, nous étions justement en train d’en parler avec l’équipe, ils se sont un peu trompés dans les épices en cuisine”. Mon idée c’est que le restaurant mériterait une petite mise à jour, la moquette est un peu usée, il fait trop sombre dans la salle du fond du rez-de-chaussée. J’ai vu que le dernier autocollant Pudlowski s’arrêtait à 2015, je ne sais pas quelle en est la raison. C’est selon moi une table excellente qui gagnerait à ce que des petits détails soient soignés afin que l’ensemble gagne en homogénéité. Cela étant, qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas du tout ce que je décrirai comme un restaurant “sur le déclin” ou “ayant perdu de sa superbe”.

- Le repas -

Jetons un oeil à la carte. Tout fait envie, tout a l’air sérieux si bien que le prix n’est pas un problème, mais alors pas du tout.

J’explique à la jeune femme qu’on m’a conseillé le lieu et que je sais bien que tout est bon, mais que j’aimerais bien un conseil, j’hésite à partir sur les spécialités qu’on ne trouve pas ailleurs comme la caille ou le pigeon (je n’ai pas photographié la page du menu sur laquelle elles étaient annoncées) ou à prendre un bon méchoui. Elle me répond qu’elle mange soit le couscous aux 7 légumes (en fait ils sont tous aux 7 légumes), soit celui aux brochettes. Je pars donc sur un couscous méchoui-brochettes qui n’est que 2 euros plus cher que le simple au méchoui. La personne qui m’accompagne jette son dévolu sur le fassi : agneau, raisons, oignons, amandes.

Regardez-moi cette semoule, la finesse

Le méchoui d’agneau et ses brochettes me font baver rien qu’à la vue, en bouche le régal est à la hauteur : la viande de boeuf est bonne, bien grillée et parfumée, le méchoui est doré et fondant.

Le bouillon de légumes a belle allure à 1ère vue, on note aussi la présence de potimarron, ce qui n’est pas si fréquent. En revanche au fur et à mesure que la dégustation avance et que je passe de la viande à la semoule, de la semoule aux légumes, le manque de profondeur de goût se fait sentir. C’est l’anecdote que je contais dans la partie “L’Equipe” de cet article et c’est donc une erreur du jour de la part de l’équipe en cuisine. En plaisantant j’ai répondu à la jeune femme qui me disait “vous reviendrez quand même?”, “oui et j’appellerai la veille pour m’assurer qu’en cuisine ils fassent un bouillon bien relevé”.

Le fassi était réussi, l’agneau qui n’avait pas un goût trop fort se mariait parfaitement avec la sauce un peu sucrée, les amandes étaient bien grillées

Une harissa maison pour vous servi, je pense que je n’en avais encore jamais mangé à Paris

Pour accompagner tout ça, une bière marocaine Casablanca à 5 euros. Ce n’est pas une marque détenue par un grand groupe européen type Amstel ou Heineken mais bien une bière produite par les brasseurs du Maroc comme c’est précisé au dos.

- Le bilan -

56,50 euros pour un tel festin, c’est parfait. Ensuite nous étions en pleine forme pour nous promener dans la forêt domaniale de Fausses Reposes (balade ici) puis finir aux étangs de Corot. Après avoir pris un bain de soleil, allongés dans l’herbe, nous nous apprêtions à repartir sans traîner pour aller visiter le musée départemental de Saint-Cloud avant qu’il ne ferme (il n’est ouvert qu’un dimanche sur deux de 15h à 18h de septembre à avril et de 15h à 19h30 de mai à août) quand nous sommes tombés sur un couple de mes connaissances qui passait la nuit à l’hôtel des Etangs de Corot et qui nous a proposé d’aller boire un verre avec eux dans l’établissement. La boucle est bouclée.

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