Le restaurant éthiopien confidentiel Ase Theodros – Paris (75005)


19.04.18 - Guillaume - 716lavie
Ase Theodros
7, rue de la Collégiale
75005 Paris
01 43 47 70 60
Ouvert du lundi au vendredi midi et soi et samedi soir
Bus : Les Gobelins (27, 47, 91)
Métro : Les Gobelins (7)

https://www.facebook.com/ASE-THEODROS-365373180187275/
- Le résumé -

Ce petit restaurant, assez vide le jour de ma visite, est une bonne pioche. La cuisine maison y est très fine, avec beaucoup de goût. On cherche la qualité plus que la quantité. Ne croyez pas certains avis de google ou trip advisor de la part de personnes qui n’y connaissent rien et reprochent à une injera d’être trop acide, croyez moi, c’est une table authentique.

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- La petite histoire -

C’est Sophie Brissaud qui m’en a parlé il y a déjà longtemps, elle l’avait repéré et voulait l’essayer. J’avais été refroidi par des photos que j’avais vues sur lesquelles figuraient des tomates cerises (il n’y en a pas en Ethiopie) et j’avais alors compris que c’était un restaurant proposant une cuisine éthiopienne avec une touche de fusion. Je n’arrive pas à faire le lien entre ce que j’avais vu et lu et ce que j’ai trouvé sur place, mais c’est tout ce qu’il y a de plus éthiopien, à part les cacahuètes en entrée.

- Lieu -

C’est tout petit et sans charme particulier, si ce n’est celui de son authenticité.

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- L'équipe -

J’ai eu un coup de coeur immédiat pour la chef en la voyant. Elle est belle, je parle de cette beauté des personnes qui font bien ce qu’elles font, qui y mettent du soin et de l’envie. Il y avait aussi un jeune homme (son fils?) qui nous a accueillis et a pris les commandes, ainsi qu’une dame qui aidait. Tout cela sentait le petit restaurant familial.

- Le repas -

En jetant un oeil à la carte, j’ai découvert des plats dont le nom ne me disait rien, alors que j’ai été en Ethiopie, comme le Michet Abich, un plat de viande hachée disponible en version épicée.

Autre nouvelle, on trouve enfin une bière autre que la Saint Georges, la Bedele (5 euros) que je ne connaissais pas non plus. Les restos éthiopiens à Paris ne peuvent malheureusement se reposer que sur un seul importateur de Saint Georges, on ne retrouve pas ainsi plusieurs des autres grandes bières éthiopiennes : même si ce sont, comme très souvent en Afrique et en Asie, des bières détenues par de grands groupes internationaux tels que Heineken, Amstel, etc…, il y a plusieurs marques de bières connues en Ethiopie.

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Sophie Brissaud qui m’accompagne prend un ketfo (17,50 euros), le tartare éthiopien et moi un michet abich donc (15). Le plat arrive, 1ère constatation : il y a peu de légumes en accompagnement, mais çe ne me dérange pas. On voit que la chef a privilégié une salade bien fraîche, des petits tas de légumes bien travaillés, au bon goût maison et que par ailleurs il y a aussi des légumes dans mon plat, des épinards, ainsi que du fromage. Normalement, tout est posé à même l’injera donc ceci explique aussi le vide qu’il y a sur le plateau à certains endroits.

1ère bouchée, 1ère conclusion : c’est diablement fin et délicieux, je suis fan. Cette viande est finement hachée, très bien accommodée, le goût épicé est présent mais équilibré. Le ketfo de Sophie est généreusement servi, il pourrait être plus épicé cela étant, mais la viande est bonne.

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Pour relever nos plats, le classique mitmitta, cette poudre orange épicée mais aussi – là encore c’est rare -, un mélange de 3 piments.IMG_3352

Un seul regret? L’injera qui n’est pas assez acide. Alors oui ce n’est pas du tef, il n’y en a déjà pas assez pour les Ethiopiens et il est donc interdit à l’export. Il semble cependant d’après la dame que les américains se mettent à en faire pousser. Il y a une très forte communauté éthiopienne aux Etats-Unis, notamment en Californie. Mais c’est vrai aussi que la chef a reconnu avoir eu des remarques, y compris des avis sur internet qui ont fait baisser sa note, ceux que j’ai mentionnés en début d’article, de la part d’ignares qui trouvaient son injera trop acide. En effet normalement la pâte de l’injera se laisse reposer 3 jours, ici elle la prépare la veille pour le lendemain, forcément l’injera a ensuite moins de choses à raconter. Cela mériterait pourtant d’avoir une injera plus marquante car les plats sont délicieux. Quoi qu’il en soit, cela ne retire en rien ma volonté de vous faire aller dans cet endroit, aussi petit et désert soit-il.

 

- Le bilan -

Les plats sont 1,50 euros plus chers qu’ailleurs, mais si c’est le prix à payer pour soutenir ce restaurant qui mérite votre visite, alors c’est sans hésiter. L’accueil comme la cuisine m’ont transporté en Ethiopie et ce n’est pas une formule tarte à la crème. Par ailleurs ce bas 5ème, à la frontière avec le 13ème, est méconnu et très calme. Saviez-vous d’ailleurs que jusqu’à l’agrandissement de Paris en 1860 sous Haussman, il n’y avait que 12 arrondissements de Paris et qu’il était coutume de dire “ils se sont mariés à la mairie du 13ème” pour parler d’un couple illégitime. Lors du premier projet de découpage pour les 20 arrondissements, le 16ème aurait dû être le 13ème, mais il s’y est vivement opposé, pas question de se retrouver affublé de ce nombre porte malheur à plus d’un titre, c’est alors l’actuel 13ème arrondissement qui ne hérita, lui qui était un des secteurs les plus miséreux de la capitale. Vous voulez en savoir plus? Suivez ma visite guidée de la Butte aux Cailles et de Chinatown.

Et voici quelques photos de la visite des environs d’Ase Theodros que m’a faite Sophie, elle qui connaît bien le quartier.