Thayagam – Paris (75010)


14.01.24 - Guillaume - 716lavie
Thayagam
10 rue Demarquay
75010 Paris
Ouvert du lundi au samedi en journée, faut que je repasse demander au monsieur car le lieu est absent de google
Métro : La Chapelle (2), Château Landon (7)
Rer : Gare du Nord (B, D), Magenta (E)
- Le résumé -

Ce Thayagam, je suis bien content de l’avoir trouvé tellement il est sous les radars, un petit spot de street food très fréquenté avec un chai superbe et quelques bonnes trouvailles.

 

- La petite histoire -

Je passais dans cette rue Demarquay à vélo pour aller déposer mon Vélib’ à la station plus loin lorsque j’ai été interpellé par ce petit spot loin de l’agitation de la rue du Faubourg Saint-Denis et du coeur de Little India (rues Cail, Perdonnet, etc..) : il était plein et paraissait comme une planque bien connue des clients. J’ai donc proposé à ma collègue guide Raphaelle Gras, qui propose d’excellentes visites des quartiers indiens de Paris, d’aller y manger ensemble. Primo, j’étais content de voir qu’elle ne le connaissait pas, deuxio elle a adoré le chai.

- Lieu -

C’est un petit lieu en longueur par un seul monsieur qui se débrouille super bien car, autant sur la photo c’était encore calme, mais c’est devenu ensuite rempli, mais il y avait néanmoins toujours un certain calme. Les gens bien qu’attendant des places ne mettaient pas la pression, des solutions étaient trouvées.

C’est clairement un lieu des Tigres de Libération, en témoignent les nombreuses affiches au mur et il y a une  majorité d’hommes parmi les clients, mais on s’y sent bienvenu et sont venues ensuite quelques femmes notamment avec avec mari et enfants.

Quelques petites spécialités derrière la vitrine.

- L'équipe -

Le monsieur est très cool, bien qu’il ne parle pas bien français. J’ai aimé le fait qu’on ne se sente pas du tout intrus, bien que le lieu soit communautaire.

- Le repas -

Je n’ai clairement pas le nom de tous les plats que j’ai essayés. Avec Raphaelle, nous avons partagé de mélange de pois chiches et haricots cornilles aux piments et tomates : bien qu’on voit les piments, ce n’était pas si relevé que ça, j’ai beaucoup aimé (car j’adore les légumineux) bien que ce soit un peu sec car peut-être là depuis un petit moment, mais rien de grave.

Ca j’ai adoré, on dirait de la semoule, ça ressemble à des fregola sardes, avec du poisson séché sur le dessus m’a dit le monsieur (c’est tout ce que j’ai pu saisir comme info). Ils font du couscous au sud de l”Inde et au Sri Lanka, uppuma, c’est ce genre de plats.

Ca, j’ai adoré dessus alors que souvent ce genre de boissons fait envie sur l’étiquette et puis une fois qu’on la boit on est déçu par l’excès de goût chimique. Il y avait grenade, mais aussi goyave et encore une autre dont j’ai oublié le parfum. La cheffe Mimosa de Paris m’a ensuite informé que c’était aux graines de basilic.

J’ai pris les classiques : roti au poisson qui était bon et beignet sucré en forme de boule (bon celui-là était vraiment trop sec). Je pense qu’ils ne sont pas faits sur place et peuvent être un peu secs, à voir sur le long terme.

En allant vers le comptoir depuis notre table du fond, je suis passé devant une table où un client qui ne paraissait pas tamoul (le seul avec Rapahelle et moi) mangeait ceci. Je lui ai alors demandé ce que c’était, lui disant que ça ressemblait à une fricassée tunisienne. Il m’a alors répondu que cela ressemblait visuellement mais que c’était très différent, il pouvait d’autant mieux me dire qu’il était tunisien. Il habite la rue et c’est semble-t-il son spot sous les radars. La différence ici c’est que le pain n’est pas frit, il y a des oignons à l’intérieur et c’est très pimenté, avec des oeufs. J’ai adoré (je sais, ça fait déjà 3 fois que je dis ça, mais ça sort ainsi). Raphaelle m’a alors expliqué que c’étaient les portugais qui avaient apporté la levure à Ceylan dont ils se servaient pour faire de la brioche. Ca a ensuite été utilisé par les indiens et srilankais pour faire leurs propres brioches, jusque-là ils ne faisaient pas de pain levé d’où leurs pains plats, chappati et naans.

Le chaï

Dès les premières gorgées, Raphaelle a dit : “il est super bon”. Effectivement il n’est pas trop sucré et bien parfumé. Suite à mon post sur instagram, Barbapasta (qui est sfoglino, artisan de pâtes fraîches), m’a dit qu’il était curieux de la goûter car après 3 voyages en Inde, il est quasi-systématiquement déçu des chaï à Paris : “Que dire de ce qu’ils osent appeler chaï quand ils se contentent de mettre une demi cuillère à café d’épices dans du lait chaud”. Je lui ai alors donné l’adresse et il m’a dit ceci : “Mille mercis, grâce à toi j’étais de retour en Inde pour un instant. Effectivement le meilleur chaï que j’ai pu goûter à Paname. Un accueil impeccable en plus. Tu déchires.” Ca m’a fait très plaisir, d’autant plus que je n’ai jamais été en Inde.

- Le bilan -

Un vrai spot sous les radars comme je les aime, on vient plutôt y grignoter que faire un vrai repas, mais tout de même au final ça nourrit et pour une somme modique. Nous avons pris un petit bol avec le mélange de pois chiches et haricots cornille, le plat avec la semoule type umpa, le roti, le beignet, une boisson, 2 chaï : 13,50€, si, si, vous avez bien lu.