Jimma (Ethiopie)


24.10.18 - Guillaume - 716lavie
- Infos Pratiques -

Y aller

J’y suis allé en avion depuis Addis avec Ethiopian Airlines. On peut y aller aussi par la route, mais il y avait des troubles sur le trajet à l’époque où j’y étais.

Sur place

Moto taxi “Badji” : 30 birrs pour deux de l’aéroport jusqu’au Jimma Hotel, 25 pour 1 touriste seul

- Le résumé -

Jimma est une ville universitaire et la principale ville de l’ouest de l’Ethiopie, située dans la région de l’Oromia. Les Oromo sont le groupe ethnique le plus important d’Ethiopie, ils vivent principalement dans la région de l’Oromia en Ethiopie mais on les trouve aussi en Somalie et dans le nord du Kenya.

Quand j’y suis allé en décembre 2015, les troubles des Oromo avec le pouvoir venaient de commencer. On avait parlé d’une protestation à l’université et d’une répression. Certaines voitures avaient été caillassées sur la route Addis – Jimma par des paysans en colère. J’ai donc pris l’avion et sur place, la tension était retombée.

Petite précision mais de taille : comme ce n’est pas une ville très touristique, j’avais tendance à être souvent harcelé quand j’étais seul par des gens qui soit voulaient me prendre dans leur badji, soit me soutirer je ne sais quoi; alors que lorsque j’étais avec mon ami Mohammed personne ne nous embêtait. Donc si vous êtes un touriste et que vous y allez seul, je ne sais pas comment ça se passera pour vous.

- Un peu d'histoire -

Jimma a toujours été une région prospère en raison de ses réserves de bois et de la fertilité de ses sols mais aussi de sa position stratégique. Jimma est connue pour son café. La monarchie Oromo a ainsi pu se maintenir au pouvoir jusqu’au 20ème siècle grâce au tribut qu’elle pouvait se permettre de payer à la région chrétienne du nord.

Les Italiens investirent massivement dans Jimma au début 20ème, séduits par le potentiel économique de la ville et on peut encore admirer certains de leurs bâtiments. C’était d’ailleurs intéressant pour moi d’entendre mon ami éthiopien admirer la solidité de ces constructions et de déplorer la mauvaise qualité des immeubles aujourd’hui construits par les chinois dans le pays.

- Hôtels -

Central Jimma Hotel

Il est situé sur une des rues centrales, il n’a pas de très bonnes revues sur Trip Advisor, pourtant je l’ai trouvé très pratique et très peu cher. Le restaurant de l’hôtel est plutôt bon, le chef (photo ci-dessous) a travaillé à l’ambassade d’Ethiopie à Paris et parle donc français.  Le bar-resto donne sur un jardin avec piscine reposant.

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- Guide -

Kibru Tesfaye
+251917233784
[email protected]

C’est le guide du musée de la ville, il parle français, est très compétent et de toute confiance. Il nous a emmenés par la suite voir les hippopotames et nous a mis en contact avec son frère pour qu’il nous conseille sur le café à acheter sur le marché de

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- Lieux -

Musée de Jimma
9am-noon & 2-5pm
Tél : 047 111 5881
Entrée : 50 birrs

Intéressant, demandez Kibru le guide : +251917233784. Il peut aussi vous emmener aux hippopotames et son frère aide pour le café à 45 kms de Jimma.

L’admission au musée inclut une visite guidée en anglais du musée. Parmi les pièces les plus remarquables, un trône de cérémonie dont la fabrication coûta 146000 birrs, soit 4500 euros au taux actuel, une véritable fortune, et qui ne fût utilisé que 20 minutes par Haile Selassie et des toilettes royales portables qui ressemblent fortement à une poêle à frire avec un trou au milieu.

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Service à café royal

Palais d’Aba Jiffar
150 birrs pour aller-retour en moto taxi au Palais, à 7 kms du centre ville

Aba Jiffar était un souverain issue d’une puissante dynastie oromo musulmane qui régna de 1877 à 1933. Il était réputé pour sa grandeur (2,10 m) et parvint à maintenir son influence face au puissant empereur chrétien Ménélik II grâce à l’amitié qu’ils avaient nouée. Il fût aussi assez fin stratège pour épouser six femmes issues chacune d’une tribu différente ce qui contribua aussi à la stabilité de son pouvoir. Sa dynastie prendra fin avec sa mort lorsqu’Hailé Sélassié reprendra le contrôle de la région. Certains connaissent, d’autres non. Le palais est assez abîmé à l’intérieur mais il n’empêche qu’il mérite une visite. On imagine alors la vie qui devait être ici et on comprend la localisation stratégique du palais quand on voit la vue qu’il offre sur les alentours, y compris sur la ville de Jimma.

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La tombe d’Abba Jiffar se trouve à 1,5 kms du palais sur le chemin du retour, n’hésitez pas à demander à votre badji (moto taxi) de vous y arrêter.

 

Les cascades de Saqa 

10 birrs minibus, 20 min de trajet. Cela vaut le coup mais une fois que le minibus vous a arrêté sur la route, il vous faut encore louer des motos qui vous emmèneront jusqu’aux cascades. Quand je dis louer c’est avec chauffeur car honnêtement c’est compliqué de manier les motos sur des pistes qui ne sont pas planes, mieux vaut laisser les locaux faire. Nous avons négocié âprement mais nous y sommes arrivés. Le lieu vaut la visite. La végétation alentour est luxuriante.

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Les gamins locaux vont jusque sous la cascade mais nous ne nous y sommes pas risqués, les conducteurs de nos motos nous l’ont déconseillé.

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Une fois revenu au village, nous avons ensuite bien mangé dans un petit resto de la rue principale.

Alors que j’allais aux toilettes dans l’arrière cour, je suis passé devant la cuisine où il n’y avait que des femmes. Je leur ai proposé de les prendre en photo, certaines étaient timides, d’autres très enjouée, mais au final ça a donné un beau moment. Un monsieur d’une cinquantaine d’années qui passait par l’arrière-cour a commencé à me prendre la tête sous prétexte que je ne devais pas prendre des femmes en photos. Je n’en avais rien à faire, c’était un vieux con et elles avaient bien kiffé.

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Sur certaines tables, le khat frais du samedi midi venait d’arriver. Le khat est livré en fin de semaine car on le mâche beaucoup le week-end afin de planer pendant son temps libre.

 

Bilida

Pour acheter du café à 16kms de Jimma, 24 birrs aller retour en minibus. Attention au retour on a galéré pour trouver un bus, il n’y en avait pas qui partaient du marché et nous sommes donc montés dans un bus plein à craquer qui venait de plus loin. On a dû attendre une bonne demi-heure, 45 min.

Nous sommes allés sur ce marché sur les conseils de Kibru le guide du musée de Jimma. Il nous a dit que c’était moins cher d’aller acheter le café là-bas et que son frère pouvait nous aider, voici le numéro du frère :251917474935. Sur place c’était impressionnant, j’étais le seul blanc du marché et le fait que nous nous intéressions au café a suscité la curiosité d’une foule toujours plus grande. Pendant que nous négocions le café il y avait au bas mot 30 personnes derrière nous qui observaient et commentaient. Nous sommes repartis avec 5 kilos chacun.

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Nous avons aussi mangé dans un resto sur place et pour le coup c’était plus roots qu’à Jimma.

 

Ce fût d’ailleurs une mission de le rapporter en France car un ami m’a expliqué qu’au-delà de 2 à 3 kilos de café non torréfié, il y avait un risque de se le faire confisquer. J’ai donc dû chercher partout dans Addis, le jour même de mon départ, un endroit où torréfier 4 kilos – j’en avais offert un. Or tous les cafés dans lesquels nous sommes allés m’ont expliqué que soit leur machine était cassée, soit ils ne torréfiaient que leur propre café. J’ai donc dû demander à la bonne de ma famille d’accueil de bien vouloir torréfier les 4 kilos à la poêle : évidemment cela prend un temps fou et le café n’est pas torréfié unilatéralement, certains grains étaient grillés, d’autres pas très cuits, mais au final, h’ai été ravi du résultat. J’ai bu ce café pendant un an et demi une fois de retour en France et je me suis régalé. Il était d’une douceur incomparable tout en gardant une saveur profonde.

Les hippopotames

Ca c’est assez technique pour les trouver, adressez-vous encore et toujours au guide du musée de Jimma, Kibru. C’est lui qui nous a emmené là-bas. Sur place, il faut payer des petits qui vous emmènent voir les hippos. Je n’ai pas réussi à prendre de belles photos car les hippos restaient la plupart du temps sous l’eau et étaient assez loin donc entre le mauvais zoom de l’Iphone et le peu de temps où on pouvait les attraper, les clichés étaient ratés. Disons que cela nous a fait une après-midi hors de la ville et en compagnie de gamins. C’était sympa, sauf l’ado qui jetait des cailloux sur les hippos pour les faire sortir, je lui ai demandé d’arrêter.

 

- Restaurants -

Nigus Hôtel

Voilà typiquement un bâtiment des années 30 construit par les Italiens, il a connu toutes les époques, hôtel pour les Italiens, bureau administratif sous le regime Derg, désormais hôtel – restaurant. Nous y avons mangé un poulet rôti plutôt pas mal et avons profité du joli bar.

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Baariifi Restoraantii Redi’Eet

Voilà un resto pour de la bonne viande à côté du Boni Hotel, on voit sur la photo ci-dessous le Boni Hôtel sur la gauche. C’est la seule manière de trouver le resto car il n’a pas d’adresse. On y a mangé de l’excellente viande grillée en terrasse. En Ethiopie, le boucher est dans le restaurant même, il coupe la viande qu’on vous sert, crue ou non. Mon ami Mohammed est un amoureux de viande et voulait absolument venir ici. Nous nous sommes régalés, les tebs (viande grillée) étaient incroyables.

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Un restaurant sur la route du retour du palais d’Aba Jiffar

Au retour du palais, nous avons demandé à notre badji de nous arrêter ce qui semblait un excellent resto de viande, la viande du boucher paraissait bien fraîche. Première fois de ma vie que je mangeais de la viande si crue 🙂 Quand vous revenez du palais, le resto est sur la droite après l’université et un peu avant d’arriver sur Jimma. 150 birrs pour une assiette de viande crue et une de viande cuite pour 2 personnes et 3 boissons, un de mes meilleurs souvenirs culinaires de Jimma avec le Baariifi Restoraantii et le café Unity.

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Le restaurant à côté du Unity Café

Je vous parle plus bas dans la section Cafés de l’excellent Unity Café situé en face de notre hôtel. Mon ami Mohammed est allé, lui, au restaurant d’à côté, afin de manger de la viande crue au petit-déjeuner. Il a adoré.

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- Cafés -

Unity Café

En face de notre hôtel, le Central Jimma, délicieux pour les petits-déjeuners. Le genre de yaourt est un Nashif : yaourt, oeufs, oignons, chili awazi (piments rouges avec de l’huile)

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- Gastronomie -

Le café

Certains disent ici que la graine de café aurait été découverte à 45 kms de Jimma. On ne trouve pas beaucoup le café de Jimma en France, je ne sais pas pourquoi alors qu’il est très bon. Le café Kaldi de Montreuil le propose seulement en version décaféiné. Je vous renvoie à la partie “Lieux” plus haut dans laquelle je décris le marché sur lequel j’ai acheté mes 5 kilos de café.

Une fois de retour chez nos amies pharmaciennes de Jimma, je l’ai torréfié à la manière traditionnelle, mais juste de quoi boire un café.

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Il ne me reste plus qu’à le servir dans les règles de l’art, muni d’un drap blanc comme le veut la tradition.

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- Clubs -

Voilà qq noms de “clubs” mais club est un bien grand mot. Dans celui dans lequel nous sommes rentrés, il s’agissait d’un bars avec une salle au fond remplie et nous nous sommes vite fait approcher par des jeunes étudiantes qui cherchaient le touriste au portefeuille garni, le tout dans une ambiance assez moyenne. Je vous jette ces noms tels quels mais vous aurez plus vite fait de demander vous-même à des locaux.

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Dgitu hotel : Club teed

Les conseils du dj du Nigus pour Jimma :

Abegaz Hotel
Hagergha Hotel (in front of JU)
Twabech Hotel

 

- Musique -

Je vous renvoie vers l’article que j’ai écrit, qui décrit notre quête de disques vinyles à Jimma :  J’ai été chercher des vinyles dans le sud de l’Ethiopie.
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- Alimentation -

Le marché

Le marché de Jimma est très vivant, à ne pas rater.

J’ai eu la chance d’y aller avec mon amie pharmacienne pour chercher les aliments propres au festin qu’elle voulait nous concocter. J’ai même eu droit à la séquence où nous avons négocié âprement face à d’autres clientes le meilleur poulet vivant parmi ceux vendus par ces deux dames (photo ci-dessous).

Le beurre frais, l’ingrédient qui manque le plus à n’importe quel Ethiopien loin de chez lui.

Du fromage frais

- Photos -

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