Les bugnes de la chandeleur


23.02.23 - Guillaume - 716lavie

Pendant toute la période de carnaval en Italie, on mange les bugie (bugnes en français), ici à Turin on refaisait le plein tous les deux jours à la boulangerie d’en bas. Le dernier jour, en attendant notre train à la pâtisserie napolitaine Pasterell près de la gare de Porta Susa, la jeune femme nous a expliqué qu’à Naples, on dit « chiacchiere », avec une grosse intonation sur la première syllable, qui veut dire « bavarder. » C’est drôle, les verbes bugner et embugner viennent bien de là, de même que le double sens de beigne, mais impossible de trouver une explication claire. Je suppose que c’est la forme cabossée de cette gourmandise qui est évoquée lorsqu’on fait référence à un coup, sur le visage (une beigne) ou en voiture (il m’a embugné).
On retrouve les termes de Bugie et Chiacchiere en Ligurie à l’exception de la province d’Imperia qui dit crostoli, comme dans le Veneto.
Parmi les autres termes italiens : Galarane (Bergamo), i Saltasù (Brescia), le Lattughe (Mantova), Gròstoi o Galani (Venezia), Fiocchetti (Rimini), Intrigoni (Reggio Emilia), Sprelle (Piacenza) e Sfrappole (Modena, Bologna e Romagna), Cenci o Melatelli (Toscane), le Frappe (Lazio, Umbria e Marche), le Cioffe (Sulmona e centro Abruzzo), i Cunchiell’ (Molise), i Guanti (Caserta) e le Maraviglias (Sardegna).

Parmi les autres termes français : les pets-de-nonne (Franche-Comté), les bugnes (Rhône-Alpes), les merveilles (Gascogne), les oreillettes (Languedoc et Provence), mais on parle aussi de bougnettes (Catalogne), cambedouilles (Perigord), crottes d’âne (Vexin), guenilles (Auvergne), cuisses de dame ou “Scherbe” (brisure) (Alsace).

J’en profite pour dire que je regrette que ces douceurs traditionnelles au même titre que beaucoup d’autres, aient disparu des boulangeries/pâtisseries parisiennes, souvent remplacé par des spécialités anglo-saxonnes bien plus à la mode.