La Vieille Tour – Cellettes (France)


28.02.20 - Guillaume - 716lavie
La Vieille Tour
7 Rue nationale
41120 Cellettes
02 54 74 67 15
Ouvert lundi midi, mardi midi et soir, fermé le mercredi, ouvert midi et soir du jeudi au samedi, ouvert dimanche midi
http://www.restaurant-la-vieille-tour-blois.com/
- Le résumé -

Il y a des restos comme ça qui ont tout pour eux : le prix, la cuisine, le cadre, l’équipe et les environs. La Vieille Tour c’est ça, d’ailleurs j’y retourne. Récit d’un coup de coeur.

- La petite histoire -

Petite histoire n°1

La petite histoire est drôle. J’ai été suivi l’année dernière par une conseillère de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Il faut savoir un truc en France, dès que vous dites que vous écrivez sur les restos, quel que soit votre interlocuteur (flic, ami d’ami, vieille connaissance de la famille, passant, passager dans la bus, client, médecin, …), il vous donnera ses adresses préférées : les français adoooorent parler bouffe et peut-être plus encore de restos; non soyons précis, il y a plus de français qui vont au resto que de français qui cuisinent donc ceci explique cela. Bref, elle me conseille alors quelques adresses : une près d’Antibes et puis cette vieille Tour près de Blois. Elle m’explique qu’elle a de la famille là-bas, qu’ils en profitent pour faire réviser leur voiture dans le coin car c’est moins cher qu’à Paris et que durant la réparation elle et son mari ont pour habitude de se taper la cloche à la Vieille Tour. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et sitôt rentré je suis allé regarder. Cela m’a plu mais j’avais du mal à faire le distinguo d’après les photos entre un resto bistronomique légèrement prétentieux de province et une vraie bonne pioche. Les avis donnaient envie et l’emplacement aussi puisqu’il est à côté de nombreux châteaux dont Chambord. Comme je m’ennuie souvent à Paris le week-end, je cherche des escapades qui combinent bonne bouffe et marche et/ou culture. Là, ça semblait pas mal, j’avais bossé, le truc, à condition de prendre un bus pour le château de Beauregard, c’était jouable, il fallait ensuite marcher, la complication était au retour.
Finalement j’ai eu l’occasion d’y aller en voiture et c’était beaucoup plus simple, surtout qu’à mon grand étonnement, le Paris – Blois en train n’est pas donné (30 euros l’aller, ça fait 60 euros l’aller-retour dans la journée, à contrario je paie 39 euros pour un Paris – Mannheim en Allemagne).

Petite histoire n°2

J’avais appelé pour réserver pour mon anniversaire le samedi. Et puis il était prévu de gros embouteillages sur la route du retour et je me suis découragé, la veille du repas, le vendredi, j’avais donc annulé, déçu. Le soir même, je me retrouve dans une soirée et lorsque je raconte mon histoire, un ami me dit que lui ne serait pas découragé et y serait allé. La nuit suivante, je dors mal, repassant dans ma tête toutes les options pour ce samedi d’anniversaire. Rien à faire, l’option qui me tentait le plus était bien la Vieille Tour, je rappelle le samedi matin pour confirmer notre venue. Le temps d’aller chercher la voiture en banlieue, nous voilà sur la route et à 12h50 nous étions là-bas.

- Lieu -

Il n’y a que 14 couverts, vous êtes donc assuré d’être au calme. Le restaurant est dans une vieille maison, les murs en pierre ont une épaisseur de dingue.

- L'équipe -

Donc quand j’ai fait ma résa – annulation – re-résa au téléphone, j’ai eu l’occasion de voir que la personne était très sympa. L’équipe se présente d’elle-même sur les menus, c’est bien vu. Il y a madame en salle qui assure le service et la partie sommelerie et monsieur est en cuisine.

Madame est enjouée, sans chichis, précise dans les conseils et nature. Monsieur est seul en cuisine, ce qui est impressionnant quand on voit ce qu’il envoit. Le couple travaillait ensemble dans un étoilé.

- Le repas -

En ce samedi, nous avions le choix entre menu express (entrée-plat ou plat-dessert à 28,50) ou menu découverte (entrée-plat-dessert) à 37 euros. Finalement c’est le menu Carte Blanche à 57 euros qui aura raison de nous. Ca nous a fait marrer car lorsqu’on a demandé à la dame quelle était la différence entre le découverte et le “Carte Blanche”, elle a répondu : “ah ça n’a rien à voir”, ce qui a achevé de nous convaincre.

En fait le menu Carte Blanche propose toutes les options du menu découverte, c’est pratique : cela évite de choisir.

Des amuse-bouches

Crème de choux fleur et pickles de choux colorés avec une écume iodée (huîtres)

La carte des vins fait la part belle aux breuvages locaux

Alice nous conseille un Gaïa, un Touraine produit par Aude Clavier. L’étiquette, bien qu’artistique, me fait penser aux vieux posters Carrefour avec des licornes et des femmes à demi-nues vêtues dans un style  Conan le Barbare, mais le vin était parfait.

Foie gras fumé

Noix de Saint-Jacques, riz noir de Madagascar, bisque de homard. C’est très beau et ça présente bien, la coquille Saint-Jacques est parfaitement cuite. En revanche j’ai trouvé que le riz noir de Madagascar manquait de cuisson et était un peu dur, cela aurait pu être plus fondant. Ils se le font envoyer depuis Madagascar, je ne savais pas que l’origine de ce riz était chinoise et elle ne savait pas qu’on le cultivait dans le nord de l’Italie sous le nom de riz venere.

Dorade rôtie au poivre Voatsiperifery, panais rôtis, mousseline de panais et café. Là encore leur réseau malgache leur a certainement permis d’acquérir ce poivre de Mada. Moi qui suis sensible à la cuisson et à la présentation du poisson, là je l’ai trouvé très bien, il est bien cuit, pas posé sur la purée – tant mieux car je trouve cela d’un mauvais goût prononcé -, la purée l’accompagne discrètement mais suffisamment et le panais rôti est à propos. C’est simple et de bon goût.

Filet de boeuf de l’Aubrac avec du poivre là-encore, cromesqui de pomme de terre et escargot, champignons de saison, jus réduit, poudre d’herbes. Alors le boeuf est divin, cuit à la perfection et la poudre d’herbes réalisée par le chef avec des herbes du coin si je me souviens bien est la compagne idéale de cette barbaque de compét’, un peu de filet, un peu de réduction, un peu d’herbes et zou et puis on alterne avec des bouchées de viande seule. Les champignons étaient bons mais bien trop salés, je l’ai dit à la patronne qui en a parlé à son mari et ils ne voyaient pas ce que c’était, pourtant il y avait bien un goût de sel bien trop prononcé pour moi. Bref, cela ne nous a pas empêché de nous régaler de la viande, la réduction était splendide, avouez que ça présente bien. Le cromesqui était lui aussi savoureux.

Le fromage était un brie qui avait été fourré à la truffe par le chef lui-même, la mâche venait du coin, une belle mâche aux grandes feuilles. Parfait.

Pommes de Mont-Près-Chambord confites, crème glacée au safran de Françay, sabayon cidre/safran, crumble safran

Crémeux gianduja, poires pochées au mélange “Bora-bora”, glace au sarrasin Sobacha, tuile sarrasin

Que dire? Je n’ai pas de littérature à faire, ces deux desserts étaient excellents et prouvaient une chose rare, le chef était aussi bon dans le salé que dans le sucré.

Quelques mignardises pour finir.

Je résume : 2 menus Carte Blanche à 57 euros = 114 euros, 1 jus de tomates Patrick Font = 7 euros, 2 coupes de Champagne = 22 euros, 1 bouteille de Gaia = 32 euros, 2 cafés = 9 euros
Total : 184 euros

Après ce déjeuner, nous sommes ensuite allés explorer le bourg de Cellettes, il y a une boulangerie – pâtisserie à l’ancienne qui m’évoque celle de mon village de vacances, une belle église aussi.

Puis nous sommes partis en voiture chercher du vin chez le vigneron Philippe Tessier à quelques kilomètres. Les autres grands vignerons du coin, Villemade, Barbou et Puzelat étaient en période de congés (nous étions début janvier). Ici nous sommes dans la région la plus orientale des vins de Loire, juste avant d’arriver dans le Sancerre.

Vigneron Philippe Tessier
La Rue Colin
Cheverny
Tél : 02 54 44 23 82
le site

Nous avons passé une bonne heure à discuter avec lui, un homme simple et chaleureux, modeste. Nous lui avons pris quasiment une bouteille de chacun de ses vins.

Celui m’a “retourné”, c’est ce Cour Cheverny 2018, pas une des appellations les plus populaires en France. Pourtant c’est superbe, tendu comme un arc.

Et son Phil’en Bulle en pétillant blanc, fantastique en dessert.

Je lui ai aussi acheté un Point du Jour 2018 mais il m’a conseillé d’attendre un ou deux ans.

Quand nous avons pris la route du retour vers 18h, il y avait un coucher de soleil superbe, on s’est juré de revenir dans la région. Il y a en plus un hôtel en face du resto, l’Auberge du Lion d’Or, qui propose des chambres doubles à 50 balles, c’est Byzance. Je vous préparerai un article plus complet sur la région.

- Le bilan -

Nous avons eu un coup de coeur pour le resto et un coup de coeur pour la région. Le menu dégustation à 57 euros est une aubaine. C’est généreux, précis, gourmand et malgré tout, sans chichis. Hâte de découvrir leur carte de printemps. A part les deux remarques que j’ai pu faire, tout était parfait, je suis aussi curieux de voir ce qu’il en sera pour une 2ème visite. Quoi qu’il en soit, je ne peux que vous inciter à vous échapper de Paris pour profiter de la nature, d’un rapport qualité-prix imbattable et de vignerons fantastiques qui proposent des vins à prix accessibles.

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