Le charme discret de la Paillote d’Asie – Paris (75013)


11.06.18 - Guillaume - 716lavie
La Paillote d'Asie
2 Rue Albert
75013 Paris
01 45 84 45 78
Ouvert tous du lundi au samedi midi et soir
Métro : Porte d'Ivry (13)
Bus : Regnault (27, 132)
- Le résumé -

Cette Paillote d’Asie ne vole pas son nom : ce petit traiteur / restaurant cambodgien propose une carte très courte de plats familiaux qui font le délice d’habitués depuis 1982.

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- La petite histoire -

Commet cette adresse est-elle parvenue dans ma liste de restaurants à tester? Toujours est-il que je consultais ma google map d’adresses à visiter, en me concentrant sur la zone sud, et est apparue cette paillote dans mon viseur, alors que son existence n’éveillait en moi aucun souvenir.

Un samedi midi lourd de juin 2018, je décidais d’aller y manger. Comme j’avais vu sur internet qu’il valait mieux réserver sa place et qu’il fallait commander la veille pour le fameux gigot d’agneau, j’appelais la veille. En fin de compte le gigot est entier et coûte donc 75 euros, il vaut donc mieux être plus de 4 que seulement 2 comme nous. Je me contentais donc de réserver.

- Lieu -

Je développe ou la photo suffit? 🙂 La patronne ne veut clairement pas de communication sur internet, “vivons bien, vivons cachés” pourrait être sa devise. Elle et son mari ont trouvé leur équilibre en concoctant une cuisine maison (en esprit et en quantité) dans ce petit restaurant d’angle. La carte de visite annonce : ” Vente de produits exotiques. Plats prêts à emporter et sur commande. Dégustation sur place.” Cela se ressent dans la décoration, c’est simple, à l’ancienne avec une sérieuse touche début des années 80. Si vous allez aux toilettes – ce qui vous amènera à traverser le hall de l’immeuble -, jetez un oeil au style de l’immeuble : pour les passionnés de Paris, c’est assez rare de voir un immeuble comme ça, un petit immeuble d’habitations populaires avec donc de petits volumes, mais qui ne répond pas pour autant aux critères  des HBM ou HLM, intéressant.

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- L'équipe -

C’était la maman du mari qui avait ouvert l’adresse, le mari et sa femme ont repris depuis. Qui dit petite adresse tranquille dit aussi patrons habitués à voir les choses à leur façon, pour le positif et… le moins positif 🙂 Pour le positif, cette volonté de ne pas communiquer sur l’adresse et d’être heureux avec une clientèle d’habitués est réjouissante en ces temps de sur-médiatisation gastronomique. La patronne me disait : “il y a parmi nos habitués des gens qui nous connaissent depuis Phnom Penh”, ça plante le décor. Par ailleurs, la cuisine a un goût maison (je sais, ça fait trois fois que je le dis) qui ne s’improvise pas : il faut cuisiner doucement et à sa façon pour préserver un tel goût alors qu’on bosse dans un restaurant. Pour la petite réserve, il faut être patient sur certains points : j’aime bien avoir de l’eau sur la table avant mon entrée, j’aime bien aussi avoir la boisson que j’ai commandée en plus de la carafe de l’eau avant mon entrée également. Et quand je pointe de la saleté sur la salade verte qui entoure les nems, je n’ai pas forcément envie qu’on ausculte les feuilles et qu’on me réponde que c’est la salade qui est comme ça alors que non, démonstration à l’appui, c’est bien de la saleté. Quand à la fin du repas, j’ai annoncé la couleur sur mon activité et lui ai proposé d’y organiser un dîner mystère – ce qu’elle a sans surprise refusé -, nous en avons rigolé. Elle m’a dit quelque chose comme : “alors vous allez écrire sur la salade” 🙂

- Le repas -

Les nems sont délicieux : ils ont beaucoup de goût, on n’a pas lésiné sur la diversité des ingrédients. Par ailleurs ils sont croustillants et pas gras.

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Il y avait deux plats disponibles ce jour-là : des pâtes au boeuf et un riz lok lak. Quand j’ai vu arriver le plat, j’ai eu peur qu’il soit trop salé, on est habitué à voir ces pâtes foncées par la sauce. Il n’en était rien, c’était délicieux et équilibré. D’ailleurs, alors que j’étais sûr que nous repartirions avec la moitié à emporter, nous avons tout fini.

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Le riz Loc Lac était de compétition lui aussi : la viande de boeuf est tendre, sans nerf, le riz bien cuit et l’oeuf au plat a de la matière. J’ai en revanche fait l’impasse sur la tomate en tranches.

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Pour les 2 plats, 2 jus de coco, une Tsing Tao et 2 cafés : 38 euros.

Parmi les spécialités de la maison : le fameux gigot agneau, la soupe au gigot et le poulet vapeur. Appelez la veille pour les réserver.

- Le bilan -

J’ai mentionné l’anecdote “saladesque” parce que je suis honnête, mais nous avons passé un excellent moment et il me tarde d’y revenir. Par ailleurs, je n’ai pas assez insisté sur le quartier dans lequel est le restaurant : passionnant pour un amateur de Paris hors des radars. Vous n’êtes pas très loin du restaurant laotien que j’affectionne Lao Chaleune. Prenez le temps d’une balade digestive après le repas, allez vous poser au jardin Berthe-Morisot rue Eugène Oudiné : son côté vallonné et sa variété de fleurs et arbres signent un jardin à l’anglaise de style “montagnard”. En poussant plus loin, vous avez aussi la maison Planeix de Le Corbusier au 24 bis, boulevard Masséna. Enfin plus près du restaurant, un lieu insolite, Les Cognées : vous pouvez réserver pour 50 euros de l’heure un box avec un mur en mousse sur lequel vous pourrez lancer des haches, oui oui, vous avez bien lu.

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