Le Val d’Anniviers (Suisse)


27.04.21 - Guillaume - 716lavie
- Infos Pratiques -

Y venir

Voiture ou train

Préférence pour le train si on veut être éco-responsable, ne pas s’embêter avec les histoires de pneus neige ou chaînes en hiver et aussi se reposer pendant le trajet. Seul inconvénient : les vignerons sont dans le bas de la vallée et il faut une voiture pour leur rendre visite.

Train

Depuis la France, trouvez votre trajet jusqu’à Genève avec Oui.sncf puis depuis Genève utilisez le site de la SBB, y compris pour trouver votre trajet de bus final depuis la gare de Sierre jusqu’à Grimentz. Tapez donc “Genève – Grimentz”, cela vous évite d’avoir à chercher à la fois un horaire de train sur la SBB puis un horaire de Bus sur le site des bus régionaux. En période de covid, je vous déconseille le Lyria, du moins tant que le PCR est nécessaire pour le retour en France car cela a amené Lyria à annuler pas mal de trains, vous serez bien plus tranquilles sur les autres lignes. Compter à peu près 8h pour un Paris-Grimentz en train, cela peut être plus long si vous avez comme nous une escale d’1h20 à Genève au retour : profitez-en pour acheter un ou deux chocolats à la gare et ayez en tête le fait que vous allez changer au total 3 ou 4 fois de train ce qui rompt la monotonie du trajet, mais n’est pas chiant du tout, les changements se sont bien passés.

Sur Place

Si vous êtes en voiture l’hiver, pensez à vos chaînes, “chaussettes de pneu” ou pneus neige. Si vous êtes en bus, il y a un bus en gros tous les 1h30 depuis chaque village. Chaque bus dessert Vissoie d’où vous changez en qq minutes pour rejoindre un village de l’autre versant (Grimentz d’un côté, Saint-Luc et Chandolin de l’autre, Zinal du 3ème). Attention, si vous voulez acheter des choses à Vissoie, à la boucherie de la Vallée (la meilleure du coin) ou à la fromagerie d’Anniviers, vous serez forcément contraints à prendre l’escale d’1h30, ce qui peut être long en période de covid où on ne peut pas se poser au café. Néanmoins les deux commerces sus-cités livrent au Marché Villageois (c’est une boutique) de Grimentz.

L’argent

Un franc suisse vaut un peu moins qu’un euro donc pas de prise de tête pour les conversions. Faites attention aux frais éventuels de votre banque : privilégiez les banques en ligne ou souscrivez une option internationale le temps du séjour (à titre d’exemple : 10 euros à la Société Générale). Privilégiez les paiements par carte car les retraits sont plus facilement taxés : ça tombe bien, tous les commerces y compris les petits prennent la carte.

- Le résumé -

Je suis allé passer une semaine de rêve dans le Val d’Anniviers, à Grimentz précisément. Pour y arriver on passe nécessairement par la ville de Sierre qui se trouve au creux de la Vallée avant de grimper. Cet article est donc une introduction au Val d’Anniviers en général avec un focus sur quelques plans de Sierre et Sion, la ville voisine, qui ne se trouve pas dans le Val d’Anniviers mais juste à côté. J’ai par ailleurs rédigé deux articles consacrés aux villages du Val d’Anniviers (Grimentz et Zinal d’un côté, Vissoie, Saint-Luc et Chandolin de l’autre).

La petite histoire de comment nous sommes arrivés ici. Février 2021, nous avions prévu de repartir en Autriche dans le Vorarlberg sauf que le Covid en a décidé autrement. J’ai donc lancé un appel sur les réseaux pour demander des suggestions de villages de montagne vivant à l’année, avec un beau domaine adapté à l’absence de remontées mécaniques et donc au ski de fond et aux randonnées pédestres ainsi que de beaux produits régionaux. On m’a beaucoup répondu, soit des gens qui cherchaient la même chose que moi et voulaient que je dise ce que j’aurai trouvé, soit des personnes originaires de ces stations à taille humaine qui me les recommandaient.

J’ai passé une semaine à ausculter chaque option, il y en avait 6 au total. A chaque fois quelque chose achoppait :
– soit les appartements étaient ces apparts boîte à sardines des années 60-70 destinées à empiler du skieur : sans charme et pas adaptés à un séjour détente d’une semaine, d’autant plus qu’en guise de cuisine, il avait souvent 2 misérables plaques et un micro-ondes, pas adapté à des gens qui voulaient cuisiner comme nous.
– soit les logements étaient trop chers
– soit le domaine n’était pas adapté à des gens qui voulaient venir sans voiture
– soit il y avait peu de points de location de raquettes ou ski de fond ou alors il fallait réserver longtemps à l’avance.

Bref, ça ne convenait pas à cette semaine qu’on voulait reposante, en pleine nature, avec de la bonne bouffe, à la rencontre de locaux et sans voiture. Au bout de 9 jours de recherche, à raison de plusieurs heures par jour, je commençais à en avoir marre, surtout que nos derniers espoirs étaient tombés à l’eau. Il y avait un bel appartement à Méribel mais au-dessus de notre budget. Je me suis dit : “c’est pas possible, il faut que je me concentre et que j’essaie de me souvenir de quelqu’un qui m’aurait conseillé une station”.

J’ai alors repensé à un vieil ami à moi qui, lorsque je lui avais raconté mon coup de coeur pour le Vorarlberg en Autriche, qui présente toutes les caractéristiques recherchées par nous, m’avait dit alors : “mon oncle a un chalet à Grimentz et on kiffe de fou, petite station super jolie avec un beau domaine skiable, agréable, de la bonne bouffe.” Je l’appelle car je ne me souvenais plus du nom, il me dit “Grimentz”, go.

En 48h c’était ficelé. On a eu un coup de coeur professionnel avec Julien, directeur du marketing de Serre-Anniviers. Il cherchait des gens comme 716lavie pour mettre en valeur sa région et nous cherchions exactement ce qu’il avait à nous proposer : une région authentique et accueillante avec une nature magnifique, des bons produits et cerise sur le gâteau, des remontées mécaniques qui marchent” (ça, c’était inespéré).

- Un peu d'histoire -

Le Val d’Anniviers est la dernière vallée suisse francophone quand on vient de la France, donc de l’ouest.

Au début du 19ème siècle, Sierre était encore une petite bourgade et c’est l’industrie qui a amené du monde, notamment l’immense usine d’aluminium installée en 1929.

La grande particularité de la région c’est que tous les villages en hauteur (Grimentz, Zinal, Saint-Luc, Chandolin, Vissoie) avaient historiquement un lien avec Sierre, la ville en contrebas, celle par laquelle vous arriverez, que ce soit en train ou en voiture. Chaque village passait une partie de l’année à Sierre si bien qu’encore aujourd’hui chaque quartier de la ville est reliée à un village en particulier du Val d’Anniviers.

En effet, ce n’étaient pas des nomades mais des pratiquants du “remuage”.

Ils passaient Noël dans les villages, à cette époque on s’occupait juste du bétail.
Puis lors du carnaval, ils se déplaçaient à Sierre avec le bétail, l’école (l’instituteur) et le prêtre où pendant 2,3 semaines ils cultivaient les vignes et les pâturages.
A Pâques lorsque les vignes étaient prêtes, ils remontaient au village et mettaient le bétail dans les mayens : en Suisse c’est un pâturage d’altitude moyenne avec bâtiment.
Puis à la mi-juin, ils mettaient le bétail dans les alpages en haute montagne : on appelle ça l’inalpe. A l’inverse on parle de désalpe lorsqu’en septembre-octobre, les troupeaux redescendent en plaine après plus de quatre mois passés à l’alpage.
C’est l’époque des combats de vaches d’Hérens. Les vaches d’Hérens appartiennent à une race ancienne et traditionnelle du Valais. Elles ont un sens de la hiérarchie très développé et un tempérament combatif. C’est de cette particularité qu’est née la tradition des combats de reines qui attire nombre d’éleveurs et de spectateurs.

De juin jusqu’à septembre, on prépare le foin pour l’hiver. Parfois ils redescendaient dans la journée pour sulfater ou couper la vigne (50 kms aller retour).
En septembre, il fallait redescendre tout le monde à Sierre pour les vendanges.
Et le 25 novembre à la Sainte Catherine, ils remontaient et passaient Noël et ainsi de suite.

- Lieux -

Les différents villages du Val d’Anniviers sont regroupés en 2 domaines skiables, j’ai décidé de consacrer 2 articles séparés à ces deux domaines : : Grimentz-Zinal et Saint-Luc-Chandolin auquel j’ai ajouté la ville de Vissoie.

- Restaurants -

Sierre

Le Château de Villa
Rue Sainte-Catherine 4
le site

Le vigneron Denis Mercier nous a recommandé ce château, qui fait restaurant et cave à vins, pour la qualité de sa raclette.

- Gastronomie -

La Raclette

La raclette a été inventée en Suisse et non en France (ça fait mal mais si). L’histoire (la légende?) veut qu’un viticulteur valaisan (du Valais donc) ait chauffé du fromage sur son feu de bois et ait découvert ainsi ce mode de cuisson. Les 1ers écrits mentionnant la raclette remontent à 1574 mais il faut attendre 1874 pour que le nom officiel de “raclette” soit attribué : on racle la partie de fromage fondu la plus proche du feu.

En Suisse, la raclette désigne non seulement ce mode dégustation mais aussi le type de fromage utilisé. La raclette est un fromage à pâte mi-dure utilisée pour ce plat. Le nom de raclette n’est pas lié à un terroir précis, il y en a dans d’autres régions suisses que le Valais mais aussi dans d’autres pays comme la France. Néanmoins la spécificité de la raclette valaisanne, c’est qu’elle peut se manger durant une raclette mais aussi froide. Ainsi la raclette du Valais est une AOP (appellation d’origine protégée) en Suisse et elle est également protégée au sein de l’UE. Cela a d’ailleurs été ma surprise au départ quand j’ai été au marché villageois de Grimentz et que j’ai découvert nombre de raclettes qu’on vendait comme des fromages à déguster normalement. D’ailleurs en France, on dit “fromage à raclette” plus que “raclette” pour désigner le fromage utilisé dans une raclette. Vous me suivez toujours? 🙂

Le prix
Les raclettes locales que nous trouvions dans le Val d’Anniviers étaient autour de 20 euros le kilo quand elles sont à 40 à Paris donc ne croyez pas que tout est cher en Suisse, rapportez du fromage à raclette! En plus ici, on a moins les fromages à raclette que j’appelle “gadget” en France, avec du poivre, des herbes, etc… quantité de surplus destinés à ajouter du goût. Ici on fait un repas avec une voire deux ou trois raclettes nature qui se différencient par des goûts spécifiques très intéressants.

La dégustation
Evidemment le top du top, c’est au feu de bois comme celle servie à l’hôtel de Moiry à Grimentz, d’où sont tirée la photo ci-dessous et cette vidéo). Le chef racle avec une spatule en bois la partie de fromage fondu et vous la sert sur une assiette. Sur la table vous avez aussi des patates dans un sac en toile conçu pour les garder au chaud. A défaut mettez-les dans un torchon et disposez-les dans un saladier ou un grande corbeille à pain. Pour le coup à l’hôtel de Moiry, il n’y avait rien d’autre que la raclette fondue, les patates et un peu de cornichons, pas de charcuteries. J’avoue que c’est aussi bien comme ça quand le fromage est délicieux.

La Fondue

La fondue n’est pas exclusivement originaire de Suisse mais elle est considérée comme un plat national. Ici on utilise habituellement du Fendant le vin local pour imbiber le fromage dans le caquelon. Nous en avons mangé une lors d’une rando-fondue (voir l’article sur Grimentz-Zinal).

Vins

Le seul souci si vous venez en train, c’est que tous les vignerons sont situés en bas de la vallée (voir la partie “Un peu d’histoire” plus haut) et qu’ils ne sont pas tous situés à proximité d’une gare. Par ailleurs “dans le haut”, on ne trouve pas de boutiques qui vendent de vins de petits producteurs, notamment en biodynamie (on dit Demeter ici).

L’alternative que j’ai trouvée, c’est la boutique Intchié No à Sion (voir Alimentation plus bas) qui a une très belle sélection de vins intéressants mais aussi de fromageries et charcuteries maison. Le problème est qu’ils sont à 10 min. de la gare de Sion et que ça monte pour y accéder (pas évident avec des bagages). La chance que nous avons eue c’est que Julien qui était en charge de la communication de la région, habitait à côté de la boutique. J’ai donc commandé un panier gourmand par téléphone que Julien est passé récupérer et m’a apporté à Grimentz. Ainsi tous les prix que j’ai mentionnés ci-dessus sont ceux auxquels j’ai acquis les vins à Intchié No.

Tout ça pour vous dire que si les vins artisanaux sont une de vos priorités et que le fait de venir en train aussi, il va falloir jongler et faire preuve d’inventivité. Eric Beck m’avait conseillé, entre autres vignerons, Denis Mercier qui est basé à Sierre or nous devions reprendre le train ici. Nous avons donc pris un bus plus tôt le matin afin de passer 2h en compagnie de Denis Mercier, un chouette bonhomme qui nous a beaucoup appris sur la région et le terroir vinicole. Il a pris le temps de nous expliquer la spécificité de ce terroir et des ces vignes installées sur des coteaux en pleine ville, entre habitations, jardins et rues.

Il n’y a pas de cabernet sauvignon ni de merlot dans le Valais, car ça ne marche pas, en tout une soixantaine de cépages sont autorisés. Denis Mercier aime travailler des cépages variés comme le montre la photo des bouteilles plus bas. Sa fille Madeleine poursuit le travail en y apportant sa touche tout en respectant le travail effectué depuis 40 ans. On s’est régalé humainement et gustativement. Une découverte que j’ai faite grâce à la recommandation de Beckustator aka Eric Beck. Son Cornalin est exceptionnel mais pas donné 50 francs suisses).

Voici une sélection de vignerons qui m’avait été faite par mon réseau, sachez que beaucoup de ces vins sont distribués par Edouard Thorens de More Than Wine, basé à Lausanne et qui y possède d’ailleurs une cave. Cela peut aussi être une alternative.

Santé se dit “chenda” en patois local.

Julien Guillon

Mythopia

Chappaz : Marie-Thérèse Chappaz est un peu “la star” du vin nature du Valais, la plus connue en tout cas. J’avais eu des échos de gens déçus par ses dernières productions et pourtant nous avons été charmés par ce Dole que j’ai payé 33 francs suisses à Intchié No. Nous l’avons dégustée à l’apéro avec une saucisse au génépi de la boucherie de la Vallée à Vissoie.

Cherrouche  : on me l’avait conseillé et je me suis rendu compte après-coup que c’est lui, Marc Balzan, que j’avais rencontré en 2016 au salon du vin organisé à la Bellevilloise à Paris. J’avais tellement aimé son vin blanc et le bonhomme que j’avais monté tout un voyage à Sion pour lui rendre visite et découvrir la région car il m’en avait donné fortement envie lorsqu’il m’en vantait les qualités. Cela ne s’était jamais fait. Je l’ai donc appelé en prévision de mon voyage et c’est lui qui m’a indiqué qu’il était vendu à Intchié No et m’a ainsi fait découvrir cette boutique qui m’a sauvé la vie. Cherouche les Noces : 23.

 

Christophe Abbet

Domaine de Beudon : le domaine de Beudon n’est pas né de la dernière pluie puisque cette exploitation familiale existe depuis 50 ans. J’ai beaucoup aimé ce Gamaret qui est un croisement entre le gamay et le reichensteiner. Je l’ai dégusté avec un caviste qui hallucinait et me disait qu’il n’aurait jamais pensé à la Suisse mais à une région plus ensoleillée (alors que le Valais l’est aussi) et à un vin tel que le Pinot. Gamaret de Beudon : 30.

 

Cave des Amandiers d’Alexandre Delétraz

Thierry Constantin

Jean-Marie Pont

Valentina Andrei

Benoit Dorsaz

O’Faya

Ilona tient la ferme O’Faya qui est un projet global regroupant un élevage des moutons qui sont les jardiniers de la culture et déambulent au milieu des abricotiers qui eux-même produisent sans aide de pesticides de synthèse. Et puis il y a les vignes qui donnent entre autres ce Mirage d’Arvine, l’Arvine étant ce cépage du Valais, une signature de la région moins connue à l’étranger que le Fendant et pourtant…

Mirage d’Arvine O’Faya : 39.90

- Alimentation -

Sion

Intchié No
Rue du Grand-Pont 46
Tél : +41 27 558 90 88
le site

J’en ai parlé plus haut à propos des vins. J’ai pu faire une razzia ici de fromages, charcuteries maison, vins du Valais mais aussi fruits, une boutique au bon esprit et à la sélection pertinente. Voici la vidéo de mes trouvailles, pas seulement à Intchié No mais ça vous donne une idée.

 

La Grenette
24 Rue du Grand-Pont
Tél : +41 27 321 37 23
le site

Une fromagerie qui m’a été recommandée par une dame travaillant aux remontées mécaniques.

- Photos -

J’ai peu de photos pour illustrer Sierre et le Val d’Anniviers dans sa partie basse, tout simplement parce que nous n’avons fait qu’y passer. La photo ci-dessous est prise du bus qui nous redescendait à Sierre à la fin du séjour et les autres sont celles des vignes de Denis Mercier.

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